L'adversité

Publié le par Balpe

A son retour, Marc Hodges était épuisé : physiquement par l’accumulation des voyages qu’il avait fait en si peu de temps, moralement par l’obligation où il avait été de renouer avec des pratiques qu’il avait tout fait pour fuir. Connaissant une part de sa vie antérieure, je ne crois pas me tromper en affirmant que ses anciens camarades l’avaient repris en main et, possédant sans aucun doute des informations qu’il ne tenait pas à voir tomber entre n’importe quelles mains, ils pouvaient, à tout moment, reprendre leur chantage. Autant dire qu’il n’avait pas un moral d’acier.

Mais nous savons tous que la vie ne fait pas de cadeaux et que ce n’est pas parce que nous sommes accablés de malheurs que nous ne pouvons pas être confrontés à de nouveaux encore. Il n’y a pas de fond au tonneau qui recueille les averses de l’adversité aussi ne peut-il jamais déborder. Certains pourtant savent faire avec, d’autres se laissent emporter par le flot. Marc était certainement de la deuxième espèce.

En effet, quand il retourna à Avon, comme je l’ai déjà écrit, il découvrit sa maison vide. Alors qu’il aurait eu besoin d’une épaule consolatrice, alors que seul peut-être la violence érotique de leurs rapports aurait pu l’obliger à sortir de lui-même, ce qu’il reçut en pleine figure, ce fut la trahison de celle en qui il avait une confiance absolue. Qui plus est, elle l’avait trahie avec celui qu’il prenait pour son confident et ami. Il en est généralement ainsi : on ne peut être en effet trahi que par ceux en qui repose toute notre confiance car, pour les autres, la rivalité est une donnée invariable de la vie. Il n’empêche, Marc ne s’y attendait pas. Son monde s’écroulait, et pourtant… pourtant, Marc était de ces êtres qui ne sont jamais aussi forts que devant des épreuves : il ne se laissa pas abattre.

 

Publié dans Marc Pérignon

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