Une note de travail de Marc Hodges

Publié le par Balpe

Marc Hodges (je crois l'avoir déjà signalé) a l'habitude d'écrire sur ses livres, je me souviens même de l'avoir vu faire une fois où nous étions en voyage ensemble. Comme il lit beaucoup, il utilise les livres (n'importe lesquels) qu'il a avec lui comme papier et griffone non seulement sur les pages de garde mais également sur tout emplacement du livre qui lui laisse un peu de place pour écrire. La  note qui suit était sur la première page (page de garde) d'uné dition de poche du Temps retrouvé de Marcel Proust. Je la recopie intégralement en essayant de ne pas faire trop d'erreurs car son écriture n'est pas toujours très lisible:

"La littérature ne doit pas faciliter la tâche de ses lecteurs,  le roman donner toutes les réponses, proposer des textes qui se laissent lire sans résistance mais au contraire heurtern intriguer, se refuser à la pénétration facile. Elle doit obliger à penser, chercher, se demander ce qui résiste, pourquoi ça résiste et comment… Pour cela la littérature, au cours des siècles, a su créer de nombreuses techniques, les utiliser, les mettre en avant depuis la versification jusqu'à l'hermétisme. L'invention et l'usage de chacune n'ayant d'autre but que d'obliger le lecteur à casser ses habitudes de lecture, ses mécanismes de sémantisation. Sinon la littérature ne sert à rien.

Le roman, par exemple, a, au cours des quelques siècles de son histoire, changé de nature technique en fonction de cela.

Le roman policier n'est qu'un abatardissement de cette fonction qui exporte l'intrigue hors du texte lui-même. mais il est possible de le prendre à son propre piège, c'est-à-dire utiliser la forme du roman policier pour, en ne respectant pas les règles du genre, déplacer l'intrigue, obliger le lecteur à se poser un certain nombre de questions: où ce texte va-t-il, pourquoi, comment, à quoi sert telle ou telle page, telle ou telle phrase, etc."

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