Paris perdu

Publié le par Balpe




Singapour, quel symbole, les plus grandes puissances politiques à genoux devant le monde des jeux. La Grande-Bretagne a battu la France : nous n’organiserons pas les jeux olympiques 2012. Et c’est une catastrophe nationale ! Nous reste encore la possibilité des «Gay Games» avant les «Catho games» et les «Black, Yellow, etc… games». Je rêve personnellement des jeux olympiques pour philatélistes. Reste à créer le groupe de pression. En attendant nous ferons le Tour. Je n’avais que sept ans quand Eugen Fink a publié «Le jeu comme symbole du monde», quinze quand ses théories et celles de Marcuse ont agité toute la jeunesse d’Europe. Trop jeune. Et pourtant. J’en ai souvent discuté avec mes frères aînés. «Le jeu nous entraîne vers une attitude esthétique devant la vie et donc vers une sous-détermination de la réalité de l’être humain» Dans le jeu l’homme se sent — relativement — libre parce que ne dépendant plus que de son imaginaire, du moins non-prédéterminé par des contingences qui l’excède. Plus qu’une soupape, un moyen, dans notre époque en mal de transcendance de se persuader que nous sommes encore quelqu’un et non pas quelque chose. Au bistrot, autour de moi, les gens grattent, cochent, fixent pendant des heures les écrans «à tirage immédiat» ; les jeux virtuels, ou autres MMOG, métastasent dans toutes nos activités. Non plus le « panem et circenses » des latins, bien mieux, «circenses et circenses»,  jeux et jeux», les jeux nous nourrissent, nous circonscrivent, nous font. Les jeux nous possèdent.

En écrivant Lettre-Néant je n’ignore pas entrer dans cette ludolâtrie généralisée que manifeste notre monde. C’est bien, à plusieurs niveaux, de cela que parle ma fiction.

Publié dans Appartés

Commenter cet article