Prima Linea

Publié le par Balpe

Que Ludovic Poirier se soit laissé totalement séduire au point de quitter Sète par la suite pour monter à Paris et se compromettre comme agent de « liaison » avec les membres de Prima Linea, groupe alors en difficulté, ne fait que montrer la personnalité cachée de Marc Balma qui nous semblait alors pourtant si effacé. Je compris à cette occasion combien il était intéressant à observer, surtout pour quelqu’un comme moi qui rêvait d’être écrivain — ce que, à cause des nombreux soubresauts de l’existance, je ne suis cependant jamais vraiment devenu. Ludovic Poirier, quant à lui, ne m’intéressait que très peu et je ne cherchais pas à savoir ce qu’il devenait même si j’ai appris — je ne sais plus comment — que son activisme lui avait valu quelques mois de prison. Je ne sais aujourd’hui rien d’autre de lui..

Cette anecdote est un peu longue, mais elle est si révélatrice de la personne de Marc !

Il est temps, pourtant de revenir à mon propos initial : nous sommes fin 1982, Natacha et Nathalie sont reparties — peut-être dans leurs pays respectifs, bien que Natacha ait embarqué sur un cargo mexicain et qu’elle retrouvera Marc à New-York en 1985 dans des circonstances que je rapporterai peut-être un jour.

En décembre, alors que je croyais être devenu un de ses amis puisque, essayant de «m’enrôler», il m’avait mis — en partie certainement — dans la confidence de ses activités clandestines, Marc Balma disparut de Sète. Il ne dit rien à personne, ni à ses amis, ni à ses nombreuses amies, ni à ses camarades : un matin il n’était plus là et personne, parmi ceux qui l’avaient connu, n’avait la moindre idée de ce qu’il était devenu.

Il me fallut attendre 10 ans, exactement 1995, pour retrouver sa trace grâce à une photo illustrant un article de Libération où était annoncée une de ses œuvres numériques.

 

Publié dans Marc Pérignon

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