Inquiétude

Publié le par Balpe


Ce matin, comme presque tous les jours, j’ai emprunté les deux kilomètres du parc du château. A cette heure-là, il est désert : les allées creusent de longues perspectives seulement architecturées par les contrastes du soleil et de l’ombre. Chants d’oiseaux. Vent léger dans les arbres. Odeurs de mousse et d’herbe légèrement humide. Un calme parfait dans lequel mon esprit peut vagabonder : période la plus créative de la journée.

Mais aujourd’hui je n'étais pas tranquille : j’étais suivi. Ce n’est pas la première fois que quelqu’un emprunte le parc en même temps que moi. Après tout c’est un lieu public. Et généralement je n’y prête pas attention, mais là ce n’était pas la même chose. Je ne saurais dire d’où provenait cette sensation mais il me semblait que les yeux de la femme qui marchait à mon allure environ vingt mètres derrière moi, me fixaient et ne me lâchaient pas. J’en étais sûr. Je sentais la force du regard dans mon dos. Son attention aiguë. Je me suis arrêté. La jeune femme m’a dépassé, a disparu au premier tournant. Pourtant je savais qu’elle ne me perdait pas du regard. Sensation inquiétante et désagréable.

Toute la journée je me suis ainsi senti observé.

Publié dans Uwe

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Jean-Pierre Balpe 27/06/2005 14:23

Dans cette hyperFiction, les commentaires, qu'ils soient écrits par les lecteurs ou par moi-même devront faire partie intégrante de la fiction.

Jean-Pierre Balpe 23/06/2005 14:35

Le temps de la fiction est paradoxalement atemporel: elle peut aller en avant ou en arrière, choisir une avancée linéaire, faire de constants allers et retours… Le calendrier lui-même n'est qu'un leurre.