Neige sur le Causse Méjean

Publié le par Balpe

Cette période de sa vie sur le Causse Méjean marqua profondément Marc Hodges : dans ses œuvres ultérieures de nombreux personnages comme Bréauté ou André Pagès, en portent témoignage. Par exemple, il est peu douteux que ce passage n’ait été inspiré directement par une expérience personnelle d’une période de neige sur le causse : «Le vaste plateau aux vallonnements couverts de neige, à peine interrompus par de maigres bosquets de pins, s’étend à perte de vue, ponctué çà et là de quelques genévriers. Vide… L’ombre souple d’un nuage de passereaux virevolte. Tout l'horizon s’éteint dans la lumière déclinante. Sur la blancheur profonde de la neige, le ciel immense est d’acier pâli. Un oiseau crie… Cri paisible et rauque… Plus loin, un coassement de corbeau trahit l'épaisseur du calme… Il fait si beau… Une très légère brume, montant des forêts, voile à l’horizon le bleu paisible du ciel. Personne en cette saison. Le poids du silence est absolu. Frémissements et sonorités déroulent paisiblement leurs larges échos lents que rien n’a plus troublé depuis longtemps. Colline après colline, combe après combe, transforment la beauté en distance rendant impossible d’imaginer qu’un miracle pourrait ne pas se produire. Au-delà des apparences, l'éternité commence ici. La pauvreté se fait magnificence, le rien est la totalité. Telle est la richesse de ce dénuement absolu, qu’aucun autre paysage ne semble pouvoir exister ailleurs…»

Voir notamment : neige sur le causse Méjean.

Publié dans André Pagès

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shen-po 05/11/2005 22:55

Les Cévennes ont un caractère fort et authentique. Elles ne peuvent que stimuler l'imagination et la création, tant par le paysage que par son histoire et sa population.