Retour en RDA
Sur le conseil de Didier M., retour en RDA.
Je suis arrivé à Berlin, côté est, en 1977, comme assistant de français à la célèbre université Humboldt. J'y suis resté deux ans. J'ai rencontré Nathalie presque immédiatement: en Allemagne de l'Est, les séjours des camarades étrangers étaient en effet très bien orgnaisés. Dès mon arrivée, j'ai été intégré dans des associations étudiantes. Nathalie, comme tout étudiant d'Allemagne de l'Est, participait à plusieurs d'entre elles. Celle où nous nous sommes rencontrés s'appelait "Internationale des Etudiants pour la Paix dans le Monde". Nous y discutions beaucoup, analysions des sujets politiques ou philosophiques. Pour l'essentiel c'était assez ennuyeux. Nous avions des procédures testées de très nombreuses fois: tout d'abord nous débattions de différents problèmes, la plupart du temps, des responsables nous faisaient d'interminables discours que nous avions ensuite le droit de commenter. La force sans le droit ou le droit sans la force ressurgissent incessamment à tous les carrefours de l'histoire. Même si la réalité remettait en cause les paroles: dans la vraie vie ils étaient mal à l'aise et malheureux, mais au sein de leur univers, ils étaient des princes.
Nous y faisions beaucoup de rencontres. J'avais alors 24 ans, c'était tout ce qui m'intéressait. Plus excatement les étudiantes. La première fille avec laquelle j'ai passé une nuit s'appelait Annette. Un bon souvenir même si notre rencontre fut des plus éphémères. Puis il y a eu Paula, Linda, Anna et quelques autres tout aussi épisodiques. Les moeurs étaient assez libres même si, officiellement, c'était assez mal vu. On s'arrangeait de manière à tenter d'avoir une prise sur les événements avec l'espoir que le pire n'est pas toujours certain, à conditions de l'avoir vu venir pour s'en prémunir. Aimer, ne pas aimer, est-ce vraiment la question? Quand les hormones parlent, le cerveau se tait.
Je ne sais plus exactement qu'elles ont été les circonstances, mais une nuit j'étais avec Nathalie et je l'entends encore me dire: "Je n'ai pas envie de passer mes nuits avec toi".