Commentaires (sans commentaires)
Ce matin, les premiers commentaires: un dans Romans qui témoigne que la fiction et la mémoire ne jouent pas dans la même catégorie ou que la chronologie n'est pas ce qu'elle semble être... Le deuxième sur HyperFiction. Je résume: "tout ça est un peu compliqué... un peu (ce qui signifie "trop") intello." qui me remet en mémoire une des premières surprises que me réserva la RDA. Etudiant étranger, assez politisé alors (l'âge n'est-ce pas, l'usure ou la déception ?), je participais à des débats avec des camarades. A ma première réunion avec les camarades ouvriers de l'Université, j'essayais d'expliquer, avec quelques nuances, l'attitude du PC français durant les guerres dans les ex-colonies de la France jusqu'à ce qu'un des représentants des camarades me coupe la parole: "Tu parles trop bien, nous croyons que nous sommes d'accord avec toi mais nous savons que nous ne pouvons pas l'être et nous ne savons pas l'expliquer." Trop intello? Déjà !
Aujourd'hui, intello est une insulte, une des pires, son pendant fasciste a au moins ses partisans. En ces temps de décérébration généralisée, est-ce bien étonnant? La plupart de ceux qui émettent de telles critiques ne se rendent même pas compte que dans l'irréversible nivellement de la globalisation, le peu de chances qui nous restent est dans le développement de l'intelligence, non dans sa négation. L'Inde et la Chine l'ont, eux, bien compris, dont les étudiants emplissent nos universités. Gloire aux intellos qui font évoluer le monde.
Pour le reste, je me contenterai au jour le jour d'être ce que je suis.