Écrire un best-seller

Mac Bain dit, je cite, que pour figurer sur la liste des best-sellers, il faut: créer une intrigue qui place une personne ordinaire dans une situation extraordinaire ; créer une intrigue qui expose un fantasme universel ; créer une intrigue qui passera avec succès le test « cool » (j’avoue ignorer en quoi il consiste, je poserai la question à Brainboost et 20Q…) ; votre étude doit comprendre des enjeux élevés ; vous devez introduire un compte à rebours ; surtout pas d'ambiguïté ; éviter les sujets d'actualité. Lorsque je suis ses règles, je n’obtiens pas de « best-seller », pas plus d’ailleurs que lorsque je ne les suis pas. Je crains que d’autres facteurs n’entrent en jeu comme la pression atmosphérique, le vote luxembourgeois sur le traité européen, les morts dans une explosion russe suspecte, l’aide financière demandée à Washington par Israël, l’âge et les amours de mon éditeur pour qui les bisexuels sont des homos qui s’ignorent. En fait, on nous rebat les oreilles avec la globalisation, mais c'est faux, on n'est pas informé de tout ce qui se passe partout et jamais personne ne tient au courant les écrivains de ce qu’est, un jour donné, un moment donné, dans un lieu donné «un enjeu élevé » ou « un fantasme universel »… à moins bien entendu de considérer qu’ils sont aussi éternels. Il suffirait alors de puiser dans le répertoire des contes. Mais ça déjà été fait si souvent !
Pour l’instant, mon fantasme c’est Uwe que je transforme en Nathalie dans Lettre-Néant. Piètre déguisement sauf que mes lecteurs de Libération ne sont pas censés le savoir. Mais l’attirance est elle un « fantasme universel » ? Oui si on en juge le répertoire littéraire, mais sinon ?
Pour l’instant, mon fantasme c’est Uwe que je transforme en Nathalie dans Lettre-Néant. Piètre déguisement sauf que mes lecteurs de Libération ne sont pas censés le savoir. Mais l’attirance est elle un « fantasme universel » ? Oui si on en juge le répertoire littéraire, mais sinon ?
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