Un être de chair
Il n’existe pas d’association des Amoureux Anonymes : je ne pouvais me désintoxiquer. Je n’en avais ni l’idée, ni l’envie et cela d’autant moins que, avec Roberte, notre accord physique était total. Nous ne parlions jamais d’amour, nous nous remplissions de le faire. Assez vite notre avenir se restreignait à la fois prochaine où nous pourrions faire l’amour. Rien d’autre ne comptait. Et j’étais persuadé que Roberte était dans la même situation que la mienne. Tout, dans ses actes, me le prouvait. Lorsque nous faisions l’amour il nous semblait — elle a plusieurs fois elle-même employé la même expression — n’être qu’un seul corps irradiant de désir et de plaisir non partagé mais commun. Une seule boule de chair ultra-sensible à l’imagination sensuelle inépuisable. Nous n’avions pas besoin de stimulants extérieurs chacun était, à tout moment, un stimulant physique pour l’autre.
Je n’ignore pas combien il est difficile, par des mots, par une articulation de mots, de faire partager des sensations uniques d’une telle force. Les vécus des êtres ne sont pas transmissibles. La poésie y arrive parfois qui fait oublier qu’elle est faite de mots pour ne laisser éprouver que des sensations pures, mais c’est bien rare. Certains des Poèmes de Marc Hodges à Gilberte me donnent à penser qu’ils vivaient eux-mêmes quelque chose d’approchant. Mais jamais je n’en aurai la certitude et jamais nous n’avons partagé ensemble notre érotisme…
Quoi qu’il en soit, je peux dire aujourd’hui que Roberte m’a donné cette chance rare de découvrir un monde d’épanouissement purement physique où l’homme est, pleinement, ce qu’il est avant tout, un être de chair, de sang, de peau, de muscle, de salive et de sperme… un être de nature.
Je n’ignore pas combien il est difficile, par des mots, par une articulation de mots, de faire partager des sensations uniques d’une telle force. Les vécus des êtres ne sont pas transmissibles. La poésie y arrive parfois qui fait oublier qu’elle est faite de mots pour ne laisser éprouver que des sensations pures, mais c’est bien rare. Certains des Poèmes de Marc Hodges à Gilberte me donnent à penser qu’ils vivaient eux-mêmes quelque chose d’approchant. Mais jamais je n’en aurai la certitude et jamais nous n’avons partagé ensemble notre érotisme…
Quoi qu’il en soit, je peux dire aujourd’hui que Roberte m’a donné cette chance rare de découvrir un monde d’épanouissement purement physique où l’homme est, pleinement, ce qu’il est avant tout, un être de chair, de sang, de peau, de muscle, de salive et de sperme… un être de nature.
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