Un silencieux chinois type 64

Publié le par Balpe

Le lendemain matin, très tôt, le ciel blanchissait à peine les lointains de la mer, Menezes, comme convenu, frappa à la porte de Marc : «Je repars, attends quelques secondes, descend vers le port, tu me verras sur les quais, suis-moi de loin…» Puis il partit. Marc suivit la consigne, descendit par la rue des 36 escaliers, arriva sur les quais. On entendait au loin, du côté de la criée, l’agitation qui annonçait le débarquement des poissons et l’arrivée des mareyeurs, mais les quais de la ville étaient déserts, tous les cafés fermés. Menezes traversa un pont, s’éloigna vers le port de pêche. Marc le vit monter dans un chalutier rouge vif. Il attendit un peu, fit attention à ce que personne ne le voit, monta à son tour à bord. Menezes l’attendait, il le guida vers une cachette aménagée dans un coin de la cabine : «Nous allons partir, cache-toi là, quand nous serons au large, je te ferai signe et tu pourras sortir. En attendant, regarde ce qui t’a été préparé.»

Marc s’enferma dans sa cachette, petite — un mètre sur deux avec un plafond à un mètre cinquante — mais confortablement aménagée. Elle contenait une des deux valises que lui avait confié Natacha, ouverte. Marc comprit qu’elle était pour lui : un passeport avec sa photo, un permis de conduire international, une carte American Express — tout cela au nom de Marco Boldo —, quelques centaines de dollars, des vêtements de marin-pêcheur, mais aussi un impressionnant revolver 7,65 chinois à silencieux type 64 avec deux chargeurs. Marc n’avait jamais possédé d’armes : quand il l’a pris en main et sentit son poids, il comprit qu’il changeait de terrain de jeu. Un carnet contenait la vie officielle de Marco Boldo: Marc se mit à le lire.

 

Publié dans Marc Balma

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