Argencourt, Norpois, Ganançay…

Publié le par Balpe

Ce que — sous le nom de Marco Boldo — Marc Pérignon fit au Pérou reste pour moi une énigme : il ne m’en a jamais parlé et je pense qu’il n’en a jamais parlé à personne. Ce qu’il a vécu a-t-il été trop difficile à dire, trop lourd ? A-t-il dû participer à des actions qu’au fond de lui il réprouvait (Le sentier lumineux, le lightning path, le senderoso luminoso est réputé comme ayant été une des formes de guerilla les plus dures) ? Je crois que nous ne le saurons jamais. Toute vie ne tient que sur une part de mystère, d’actions plus ou moins avouables — ou franchement inavouables — qui architecturent le conscient — et l’inconscient — des individus. Nous croyons savoir tout de quelqu’un mais nous n’en connaissons qu’une infime part visible : tout être est un iceberg. Chacun n’est-il pas d’ailleurs à soi-même en partie mystérieux ? Le comportement de Marc face à Ludovic m’avait révélé une part presque mystique de sa personnalité et je ne peux préjuger de ce qu’il pouvait être capable de faire dans un environnement idéologique fermé et sectaire.

Sous la surface boueuse de la traduction imaginaire — avec ce qu’elle comporte de travestissement — se laisse parfois deviner la présence floue, mouvante de faits, d’événements, de sentiments qui, ne venant jamais vraiment au jour, révèlent cependant la présence brisée, déformée de moments de réel que l’esprit ne veut pas, ne peut pas reconnaître. C’est ainsi.

C’est ainsi que je crois que certains des événements attribués par la suite à quelques uns des personnages de Marc Hodges comme Argencourt, Ganançay, Norpois et quelques autres, de même qu'un récit tel que Le sens de la vie, doivent beaucoup à cet épisode péruvien. Le récit de Ganançay particulièrement peut-être !… Mais, dans un monde où fiction et réel s’entremêlent, se renforcent et se contredisent, comment avoir la moindre certitude ? Sur ce point, Marc n’a jamais répondu à mes questions. Peut-être est-ce un signe de leur pertinence… peut-être non.

 

Publié dans Marc Pérignon

Commenter cet article