Un poète explosif.

Publié le par Balpe

Chaque jour, pendant un mois, nous avons reçu des lettres du même acabit.

Bien que n’ignorant rien de la folie qui peut s’emparer de l’écrivain atteint dans ce qu’il considère être son être le plus profond, son écriture, nous ne savions trop qu’en penser. Ne pas répondre ? Mais jusqu’à quand ce harcèlement idiot aller durer ? Répondre au risque de renforcer la hargne maladive de ce poète blessé ? Les lettres devenaient de plus en plus obscènes, s’en prenaient nominativement à l’un ou l’autre d’entre nous…

Je ne me souviens plus qui proposa de publier la dernière, sans commentaire, mais signée. En voici la fin: « j’m’branle… branle… bande de bites flappies, impuisants… jouir, saurez pas jouir come moi. Je vous enkule au soleil, sur terre, sur mère, sur la plage et j’éjakule solaire dans vos yeux de poison krevés. »

Le Poète nous lisait. Sa réaction ne se fit pas attendre : le lendemain de la parution, les fenêtres de l’adresse où nous domicilions notre revue, celle d’un d’entre nous, fut pendant la nuit, criblée de chevrotines. Pas de dégâts sérieux. Le lendemain, même attaque. Le surlendemain, un gros pétard ébranlait le couloir à quatre heures du matin… Ça ne pouvait pas durer.


 

Publié dans Marc Hodges

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