La période "communiste" de Marc Balma

Publié le par Balpe

Comme chacun, Marc est le fruit d’une histoire, de son histoire et de l’Histoire, conjonction unique et, à la fois, commune. Pendant qu’il était à Sète — ville alors militante — Marc Balma (en 1983) adhéra au Parti Communiste. Cette adhésion — approuvée par ses camarades de clandestinité — n’était qu’un subterfuge pour lui faciliter la vie quotidienne et lui permettre de travailler sur le port à des boulots subalternes. Mais il n’avait jamais pu faire de petits boulots uniquement pour assurer sa subsistance, il y fit quantité de connaissances, — il en avait gardé une infinité de visages convocables, mais privés de leur identité — apprécia les hommes, s’en fit des amis. Cependant, pour être totalement accepté par ses camarades de cellule, il dut apprendre à adapter un discours qui dénonçait par trop son gauchisme — crime en ce lieu aussi rédhibitoire que le sexe qui n’était toléré que s'il ne détournait pas le révolutionnaire de son action et dont il n’était possible de parler qu’à mots couverts bien qu’il ne se souvienne pas avoir parlé d'autre chose que de cul avec ses potes. C’est cette nécessité de manipuler le langage, de dire de façons différentes une même idée, pensa-t-il par la suite, qui fit naître son goût pour l’écriture et ses ruses. Quoi de plus excitant que de bluffer. Ça répondait à des mécanismes cognitifs très précis: il développait ainsi des automatismes langagiers qui créaient un lien particulier avec les objets intellectuels.

L’époque n’est plus aux débats idéologiques, les engagements de Marc ou de ses camarades paraissent aujourd’hui désuets à la plupart de ceux qui ont l’âge qu’ils avaient alors. Notre époque est plus épicurienne, mesurée dans ses passions, plus conformiste sous des apparences d’originalité car l’originalité de nos jours — ou du moins ce qui passe pour tel — n’est que d’apparence, phénomène de mode et de montre : sous l’inflation marchande du libertinage c’est l’ordre moral qui règne.

Plus tard, Marc Pérignon se demandera ce qu’il attendait de cette vie. Mais aucune réponse à une question vitale ne peut être simple.

Publié dans Marc Balma

Commenter cet article