Filature manquée

Publié le par Balpe

Deux jours avant son départ, Natacha demande à Marc s’il ne pourrait pas trouver une voiture pour la conduire à Montpellier. Où ? Elle le lui dira le moment venu. Gloria trouve la voiture auprès d’un de ses amis, une R 16.

Le matin suivant : Montpellier, une grosse demi-heure de route jusqu’à la place de la Comédie. Natacha : « Ludovic, toi attendre moi, revenir dans une heure… » Ludovic n’aime pas trop être pris pour un pion. il ne dit rien. Natacha part. Ludovic la suit. Rue des Augustins, rue de la Monnaie, rue Gleize. Elle s’engage rue de l’Aiguillerie, il lui aussi tourne à gauche : Natacha a disparu. Il accélère le pas au cas où elle aurait tourné rue de Girone. Rien.

Soudain Natacha sort d’un porche, attrape Marc par le bras : « Conneries, toi faire connerie… Trop, trop dangereux, moi risquer vie… toi aussi… Foutre le camp… » Marc ne peut que s’excuser, une parole n'est jamais qu'une parole. Il a été trop con. Pourvu qu’elle ne le prenne pas pour un indic, un mec de la DGSE ! Les histoires de loup ne sont pas terminées, il découvre le pouvoir de la peur. Il n'y a aucune raison de douter des intentions de Natacha, mais elles ne suffiront sans doute pas. Natacha le fixe d’un regard dur, obscur, profond. Comment se fait-il que tout d'un coup un visage se révèle génial ? Elle crie : « Foutre le camp ! ». Marc s’en va, retourne à la voiture. Qu’est-ce qu’il fout dans cette galère ? Par quels cheminement inconscients en est-il venu à se trouver dans une telle situation ? Il doit reconnaître qu’il ne s'éclate plus aujourd'hui dans ce qu’il fait.

Une heure plus tard, Natacha le rejoint, elle a l’air furieuse, ne dit rien, lui tend un plan de la ville, montre du doigt un cercle tracé à l’encre rouge : avenue de l’Abbé Paul Parguel. Il démarre.

Publié dans Natacha

Commenter cet article