Une agression dans le métro

Publié le par Balpe


En 1979, Markus quitta Berlin où il avait noué des contacts avec de nombreux groupes révolutionnaires notamment avec les italiens des Brigades Rouges dont il était devenu le relais parisien mais il était devenu une de leur pièce sans vraiment le savoir. A cette époque, il prenait rarement le métro, mais un jour il devait établir un contact, héberger un brigadiste en cavale, ne voulait pas être en retard : « Dans mon groupe on était vingt-quatre, la moitié est en tôle. J'ai 35 ans, je continue à faire ce qui m'a toujours plu, du vélo, de la musique… je ne vais pas changer quoi que ce soit maintenant. Côté fric, je rame. A pauvreté égale on vit moins bien en ville. »

Station Chapeau Rouge, quais déserts. Seuls deux jeunes, bien blancs, propres sur eux, cheveux très courts, costumes sombres, chemises noires, cravates, impeccables, très école de commerce, attendaient. Markus descend de sa rame. Les deux jeunes, calmes, vont vers lui. Markus ne se méfie de rien. Un d’eux sort une canette de son sac à dos. Arrose Markus. Odeur d’essence. Le second allume un briquet. Le crémaster de Markus réagit aussitôt. Markus balance un coup de genou dans une paire de couilles, son poing droit casse un nez… il réussit à s’échapper. Poursuite dans les couloirs. Escaliers. Markus sort en trombe au soleil. Les deux jeunes ont disparu.

Il faut analyser ce qui est déjà là, agir pour le transformer : l'impact du message était maximal, les choses étaient maintenant claires, la terreur régnait, ça allait être l'hécatombe… Il pouvait s'enfermer dans le ressentiment ou décider de s'en sortir par lui-même. Il décida de ne pas se laisser impressionner, de se servir d'eux pour faire passer son message.


Publié dans Markus

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