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Publié le par Balpe

Ce matin, les premiers commentaires: un dans Romans qui témoigne que la fiction et la mémoire ne jouent pas dans la même catégorie ou que la chronologie n'est pas ce qu'elle semble être... Le deuxième sur HyperFiction. Je résume: "tout ça est un peu compliqué... un peu (ce qui signifie "trop") intello." qui me remet en mémoire une des premières surprises que me réserva la RDA. Etudiant étranger, assez politisé alors (l'âge n'est-ce pas, l'usure ou la déception ?), je participais à des débats avec des camarades. A ma première réunion avec les camarades ouvriers de l'Université, j'essayais d'expliquer, avec quelques nuances, l'attitude du PC français durant les guerres dans les ex-colonies de la France jusqu'à ce qu'un des représentants des camarades me coupe la parole: "Tu parles trop bien, nous croyons que nous sommes d'accord avec toi mais nous savons que nous ne pouvons pas l'être et nous ne savons pas l'expliquer." Trop intello? Déjà !

Aujourd'hui, intello est une insulte, une des pires, son pendant fasciste a au moins ses partisans. En ces temps de décérébration généralisée, est-ce bien étonnant? La plupart de ceux qui émettent de telles critiques ne se rendent même pas compte que dans l'irréversible nivellement de la globalisation, le peu de chances qui nous restent est dans le développement de l'intelligence, non dans sa négation. L'Inde et la Chine l'ont, eux, bien compris, dont les étudiants emplissent nos universités. Gloire aux intellos qui font évoluer le monde.

Pour le reste, je me contenterai au jour le jour d'être ce que je suis.


Publié dans Appartés

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Didier Martinez 21/07/2005 19:58

Cher Jep, merci pour le M.
C'est comme cela qu'on construit l'intelligence, dites vous. Comme j'ai appris depuis longtemps maintenant à dire "je ne sais pas, je ne comprends pas", je dirai que je ne sais pas, que je comprends pas. Votre affirmation donne en tout cas envie d'y croire. Maintenant, le "pas" que nous avons franchi tous deux vers un simple commentaire n'est pas si aisé, vous en conviendrez ? Combien de lectures pour une réaction ? Combien de lecteurs pour un "ré-acteur" ?

jep 21/07/2005 10:14

en partie d'accord avec vous, M. Martinez. Je pense que l'obstacle est plus dans l'implication attendue du lecteur que dans la complexité intellectuelle du discours. C'est là que résident l'intérêt et la fragilité du projet : les lecteurs vont-ils s'impliquer ? Réagir, construire, ajouter des briques ? C'est comme cela qu'on construit l'intelligence.

Didier Martinez 20/07/2005 09:42

Non, pas vous !?
S'il vous plait, pas vous, pas ce discours. Ne vous almagamez pas avec mon "quotidien" qui me dénie de n'avoir point positiver. Il est des "élites" qui me délaissent, vous êtes une élite sans aucun guillemet, qui descendez à ma rencontre m'offrir un accès à votre savoir.
Votre projet est surement moins compliqué qu'exigeant ; il me semble demander de "s'impliquer". N'en voulez pas à ceux qui ne trouveraient pas les stimuli pour rentrer dans votre fiction. Ne pensez pas que le "trop compliqué (ou intello)" se termine toujours par un point d'exclamation, qu'il est forcément une insulte faite à l'auteur. Pensez qu'il peut aussi être parfois suivi de points de suspension. Ce qui en fait, à mon sens, un constat, un aveu de faiblesse de l'individu face à "l'oeuvre", à cet instant et dans ces conditions...

Retournez aujourd'hui en Allemagne, je suis sur que vos camarades d'hier sauraient maintenant vous expliquez pourquoi vous aviez tord d'avoir raison.

Bonnes continuations à vous