Romantisme

Publié le par Balpe

Je livre ici ou là quelques clés pour comprendre comment Lettre-Néant est fabriqué. Je me suis toujours appliqué à soupeser toutes mes décisions, en fonction des risques encourus et ceci même si ces risques étaient plus fantasmatiques que réels. Ecrire c'est mon boulot, gai ou triste, j'écris. C'est d'ailleurs à peu près tout ce que je sais faire bien que personne ou presque n'accepte de s'en apercevoir. Ne laisser aucun détail au hasard. C'est incroyable mais il faut revenir à la base: expliquer pourquoi l'art est important, primordial même. C'est pourquoi je fais aussi des photos, numériques, peut-être parce que c'est plus facile. Plutôt parce que je peux plus facilement les retravailler. Avec mes photos, j'ai essayé de retenir des images qui passent, d'en faire quelque chose d'harmonieux, retenir ce présent qui ne cesse d'être précipité dans le néant. Rien d'autre. Rien d'autre qu'un combat contre le sentiment de l'évanescence de notre monde. Uwe me fait peur car elle manifeste la résurgence d'un temps que je croyais enfoui et, en même temps, et de façon non contradictoire, actualise avec force un présent auquel je ne voulais plus rêver. Suis-je en train de tomber amoureux alors que j'avais réussi à faire le deuil de tout sentiment?

Ce matin je ne croyais n'avoir aucun état d'âme, j'ai téléphoné à Annette. Pour voir. Pour me mettre à l'épreuve. Je l'ai invitée au restaurant. Elle a eu l'air surprise: je la comprends, il y a presque un an que je ne lui avais pas téléphoné. Pourtant elle n'a pas dit non mais au fur et à mesure qu'approche l'heure de notre rendez-vous, je suis de plus en plus certain que celui-ci est une erreur, que je n'ai plus aucune envie de coucher avec elle. Un rêve devenu réalité ne fait plus rêver.

Pourtant je n'oserai pas annuler mon invitation: il faudra trouver un moyen pour m'en sortir.


Publié dans Lettre-Néant

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