Une conversation

Publié le par Balpe





Il ne s’est rien passé, nous avons vécu ensemble une soirée délicieuse sans plus. En fait nous avons surtout parlé de Nathalie. Uwe admire sa mère, le sens de la liberté de sa mère qui, tout en prenant soin de respecter la liberté des autres, ne se sent tenue par aucune convenance et pour laquelle l’argent n’a jamais été un but. Mais un seul instant, un seul regard contiennent tellement d’histoires qu’il n’était pas nécessaire que notre conversation soit passionnante pour que nous sachions tous deux qu’elle nous était indispensable. J’étais sûr qu’elle se sentait aussi bien avec moi que je prenais de plaisir à être avec elle. Rien n’était dit, tout était évident. Mais c’était plus compliqué et d'une certaine façon moins attendu comme si la relation que j’avais eu avec sa mère me rendait, avec Uwe, la communication plus difficile. J’appris qu’elle ne savait pas qui était son père, que Nathalie prétendait ne pas le savoir. Elle dit qu’elle avait bien vécu cette absence, que jamais elle ne l’avait éprouvé comme un manque. Nous avons parlé d’autres choses encore.

J’aime la campagne, les animaux, je ne voudrais pas habiter en ville où il n’y a que de jeunes couples ; je joue de la clarinette, j'ai mon banc, je fais pousser quelques légumes, j'écris un peu, je peins beaucoup de pastels, ça pourrait être le paradis et pourtant je ne suis jamais satisfait, j’ai l’impression d’avoir tout raté dans ma vie, d’avancer sur du vide sans vraiment savoir où je vais mais je ne dois pas essayer de compenser cela par une histoire de midinette : j’ai passé l’âge de croire à la primauté des sentiments.




Publié dans Uwe

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