Un monde virtuel

Publié le par Balpe


Prochainement, je dois aller à Damas pour un salon du livre, mais les incidents armés qui s’y produisent ne sont pas pour me rassurer. De plus, je ne suis pas vraiment sûr de pouvoir facilement me connecter à Internet pour envoyer chaque jour mon «feuillet». Le jeu en vaut-il la chandelle ? A suivre… D’autant que les événements se bousculent ici comme si, alors que ma vie a jusque là été du genre plutôt tranquille, mon contrat avec Libération avait braqué un projecteur sur moi : on s’aperçoit que j’existe. Mon éditeur qui jusque là ne montrait aucun empressement à recevoir mes manuscrits m’a appelé ce matin : «Mathieu m’a dit pour Libération, c’est super… Peut-être que ce serait une occasion pour booster tes livres?» «Ouais, le dernier vendu à 300 exemplaires, c’est pas le Pérou !» «Je pense que tu devrais en profiter, demander au journal de mettre un chapeau, une note, une bio, quelque chose quoi… je pourrais alors voir ce que je peux faire avec le dernier manuscrit que je t’ai refusé.» «Ok, à suivre…».

Maintenant que l’ensemble de la société se vautre dans le virtuel, je ne suis pas sûr que l’édition continue à m’intéresser même si ses à côtés, lectures, conférences, mettent un peu de beurre dans le brouet quotidien. De toutes façons, je suis déconnecté de ce monde : je devrais penser gain, profit, capital, rentabilité et passe l’essentiel de mon temps à bidouiller de petites choses qui n’intéressent personne. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais me refaire.


Publié dans Appartés

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