Des sentiers qui bifurquent…

Publié le par Balpe

La vie n’est faite que d’instants minuscules qui s’agglomèrent sans raison apparente — je respecte mes rituels — et tente de connecter tous mes instants pour en faire un texte. Je regarde les gens, tente de déchiffrer leurs visages, reconstituer les failles de leurs existences. Je traverses des lieux, m’efforce d’y trouver quelques indices qui les sortiraient de la banalité. Je parcours Libération mais ne parcours l’actualité que pour en faire le terrain de jeu de mon imaginaire. On se bat en Afghanistan, on se bat en Irak, je ne me préoccupe que de la canicule et de mes baobabs sur mon balcon. A chacun sa vérité. La réalité n’a jamais été mon terrain favori, la terre en est trop boueuse, le tracé des sentiers incertains, je préfère, et de loin, les allées débroussaillées de mon im

Fouiller dans mes photos m’a remis en mémoire une époque oubliée. J’ai revu des amis, des hommes, des femmes, perdus de vue, des souvenirs, plus ou moins drôles. Mais nos sentiers ont un jour bifurqué sans raisons véritables. Le seul ami gardé de mon séjour berlinois est Gerhard, devenu journaliste et qui, pour cette raison vient souvent à Paris. Je lui ai envoyé un mail pour lui demander s’il avait des nouvelles de Nathalie : «Des nouvelles de Nathalie ? Je croyais que tu l’avais oubliée. Ça fait si longtemps ! Elle va bien, elle a une fille, grande, près de trente ans. Elle vit toujours à Berlin, toujours célibataire, toujours aussi pluri-amoureuse. Elle tient un café sous les arcades du métro. Veux-tu que je lui donne ton adresse mail ?»

Je lui ai dit que non. Il m’a répondu que le café s’appelait «Der Blaue Ritter». Ce n’est pas très original.


Publié dans Nathalie

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