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Publié le par Balpe

Fontainebleau, jour de marché. Je m’installe à ma terrasse habituelle avec Libération que je ne lis plus simplement par plaisir mais parce que je le dois. Pour construire «Lettre-Néant». Je lis : «La morte du teknival de Carnoët a reçu plusieurs coups de couteau» et me demande comment je pourrais intégrer cela dans ma fiction. Je connais bien Carnoët (Karnoed en breton) en pleines terres de Bretagne (à ne pas confondre avec Clohars-Carnoët qui est un petit port sur la côte sud — que signifie Carnoët ?), ma famille est originaire d’un village voisin. Est-ce suffisant pour stimuler l’imaginaire ? Aurais-je besoin d’une morte dans la fiction que je veux construire. Pourquoi pas ? Cette morte sera-t-elle Nathalie — ou sa fille ? Les possibles restent ouverts : vouloir retrouver l’origine d’un récit est comme chercher une fourmi dans une fourmilière. Plus loin (page 23), une certaine Éliane P… me propose une autre piste, elle écrit : « cette molécule (le dichlorvos) interdite en Angleterre, est classée «cancérigène possible» par le Centre international de la recherche contre le cancer». Intéressant. Nous baignons dans les produits cancérigènes, dans les molécules agressives que nous avons nous-même créées… mais elles rapportent tellement d’argent ! Une réserve inépuisable d’intrigues. A partir de ce simple fait tout est imaginable : tout s’est déjà produit dans la réalité depuis le faux rapport pour rassurer les populations jusqu’aux produits dangereux vendus en connaissance de cause en passant par l’empoisonnement volontaire. La réalité est souvent plus invraisemblable que la fiction dont le caractère factice exige plus de preuves de vraisemblance.

Publié dans Lettre-Néant

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JPB 29/06/2005 06:41

La chronologie des blogs est inversée dans leur affichage, le lecteur découvre la fin avant le début. Le temps, sous tous ses aspects, est ici une illusion: comme dans le cerveau humain, souvenirs, mémoire, anticipation, temps réel… se confondent et se relativisent.