Une fête

Publié le par Balpe


J’étais hier, chez les X…, une de ces classiques fêtes d’été à la campagne où accourent les parisiens pour le week-end. Maison sympathique, vaste jardin, temps idéalement ensoleillé, enfants agréables et joyeux courant dans tous les sens. Beaucoup de monde. Compositeurs, peintres, musiciens, enseignants, architectes, banquiers, hommes et femmes d’affaires diverses, écrivains: ne me demandez pas de noms… Un univers plutôt intello toujours à la recherche de repères où je me suis cependant un peu relaxé à discuter de choses et d’autres. De quoi se réconcilier avec l’humanité.

J’ai confié à ceux avec lesquels j’étais le plus intime mon projet d’hyperRoman : j’ai eu l’impression que l’on me prenait un peu pour un fou. Écrire un roman est une chose normale généralement accueillie avec un scepticisme poli et seule la publication change ce sentiment. Si l’éditeur est reconnu, ce qui domine est la prudence : «attendons de voir s’il a quelque succès». Ce succès entraîne souvent plus d’amertume et de jalousie qu’autre chose ; l’insuccès l’apitoiement. Publié chez un éditeur «petit» ou inconnu, c’est l’ironie polie, ou l’attendrissement, ou une pitié élémentaire… Quoi qu’il en soit les conventions sont établies. Mais un hyperRoman ! Que peut signifier un tel affichage de sortie des cadres établis, sinon une prétention exorbitante. Qu’une fiction veuille se dérouler simultanément sur plusieurs plans et dans plusieurs espaces, quelle fatuité ; chercher de plus à établir avec d’éventuels lecteurs autre chose qu’une classique relation de lecture, quelle présomption… Il est certain que de toutes façons se sera invendable et que, quatre ou cinq avant-gardistes mis à part, une telle écriture ne pourra intéresser personne. Circulez.

Préférant conserver un joker dans mon jeu, je n’ai pas évoqué Libération me contentant de parler d’un éventuel vague accord avec un journal quotidien. Qui vivra verra ! Je ne veux pas vendre la peau de l’ours : je vais au journal demain. Après la libération de Florence Aubenas et d’Hussein Hanoun, je me demande quelle sera l’atmosphère.



Publié dans Appartés

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