Parler cul baise sperme

Publié le par Balpe


Mes blogs sont des bouteilles jetées à la mer. Certaines prennent le large, d’autres finissent prises dans un magma écumeux d’algues noirâtres et de déchets industriels. Créant les miens, j’étais persuadé que ma vie était assez intéressante pour être rapportée au jour le jour. Je n’en suis plus si sûr d’autant que je m’aperçois, sans surprise mais avec quand même une certaine déception, que les pages les plus demandées sont celles qui parlent de cul ou de baise.

L’expérience. L’expérience du vide. Comme chacun d’entre nous, je n’intéresse que moi, et encore, ça dépend des jours, car parfois je me trouve très fade… Ceux qui me connaissent — ils sont si peu nombreux — n’ont pas besoin de mes blogs. Ceux qui ne me connaissent pas, ne trouvent en eux — lorsque par hasard il les rencontrent — ni matière à stimuler leur imaginaire ni aliment pour leur faim de désirs. Narcissisme. Autosatisfaction. Ou plutôt impossibilité à me trouver moi-même. J’ai souvent l’impression bizarre de faire partie d’une histoire que quelqu’un d’autre imagine tant, les unes nourrissant l’autre sans cesse, est fragile la limite entre les fictions que je construis et la vie que j’essaie de mener.

Les femmes que j’ai aimé, celles avec lesquelles j’ai fait l’amour, ne sont ni plus ni moins réelles les unes que les autres et il m’arrive de plus en plus de me demander si j’ai bien vécu telle ou telle aventure ou si je ne me suis pas plutôt persuadé que je l’avais vécue. Ainsi ce lendemain de beuverie en Autriche où je me serais éveillé vers midi sur un tas de charbon dans la cave d’une villa inconnue. J’associe Nathalie à cet épisode. Pourtant plus j’y pense plus il me paraît improbable et je n’en ai aucun témoin. Plus j’avance dans l’existence, plus ma vie ressemble à ces rêves dont je ne me souviens que parce que je me les raconte. Dans lequel d’entre eux s’inscrit Uwe ?

Publié dans Marc Pérignon

Commenter cet article