Relativité de la fiction

Publié le par Balpe

Toute fiction ne fait que déposer un peu de matières autour d’immenses lacunes. Rien n’est dit, ou presque ; tout est suggéré. Si un auteur voulait tout dire de ce qui concerne les personnages qu’il a créé et de la réalité qui les concerne, il lui faudrait ne jamais cesser d’écrire et, qui plus est, bouleverser sans cesse ce qu’il a déjà écrit. Car le monde change et avec lui les points de vue sur le monde. Ce qui paraissait se présenter tel jour de façon évidente devient, quelques jours après, un indénoubale nœud d’hypothèses ; les vérités elles-mêmes deviennent des approximations et ce qui a été présenté comme ayant été vécu n’a pas plus de solidité que n’importe quel témoignage humain.

Ce que je vous ai dit de Marc Hodges est vrai — du moins je le croyais tel — mais me relisant à la volée, surfant entres les trop nombreuses pages que j’ai déposées ici au fil des jours, je m’aperçois que cette vérité demanderait bien des précisions. Je me rends compte, par exemple, alors que Uwe est le personnage central de ce récit que je ne vous l’ai jamais décrite me contentant de donner son nom comme si celui-ci suffisait à donner son portrait. Les noms certes, ne sont jamais indifférents et il n’est pas anodin que Uwe s’appelle Uwe, pas plus qu’il ne l’est que ce soit Nathalie, au nom si franco-russe qui ait, pour sa fille choisi un prénom aussi allemand… Mais il n’importe, cela ne suffit pas à vous donner une idée physique de cette jeune fille. En fait je m’aperçois que je suis très peu descriptif me contentant d’énumérer des faits. Une position d’historien davantage que celle d’un écrivain…

Je vous promets, dans mes prochaines notes, de faire un effort.

Publié dans Appartés

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