Inquiétude de Marc Hodges

Publié le par Balpe

Un matin, comme presque tous les jours, Hodges emprunta les deux kilomètres du parc du château. A cette heure-là, il était désert : les allées creusaient de longues perspectives seulement architecturées par les contrastes du soleil et de l’ombre. Chants d’oiseaux. Vent léger dans les arbres. Odeurs de mousse et d’herbe légèrement humide. Un calme parfait dans lequel son esprit pouvait vagabonder : période la plus créative de la journée. Prétexte à de longues ballades…

Mais ce matin-là il n'était pas tranquille : il était persuadé d’être suivi. Ce n’était évidemment pas la première fois que quelqu’un empruntait le parc en même temps que lui. Après tout c’est un lieu public. Et généralement il n’y prêtait pas attention, mais là ce n’était pas la même chose. Il n’aurait su dire d’où provenait cette sensation mais il lui semblait que les yeux de la femme qui marchait à son allure environ vingt mètres derrière lui, le fixaient et ne le lâchaient pas. Le retour de ses anciens complices, le périple européen qu’il avait été obligé d’accomplir pour eux faisait partie de son présent : il savait maintenant que, quoi qu’il fasse, toute sa vie il serait sous surveillance Il en était sûr, sentait la force d’un regard dans son dos. Son attention aiguë…

Il s’est arrêté. La jeune femme l’a dépassé, a disparu au premier tournant. Pourtant il savait qu’elle ne le perdait pas du regard. Sensation inquiétante et désagréable.

Toute la journée il s’est ainsi senti observé.

Publié dans Marc Hodges

Commenter cet article