L'amour, l'acool

Publié le par Balpe

Bien sûr j’avais Roberte.

Au début nous avons vécu une attirance totale.


Pour une de ces mystérieuses raisons que nous ne saurons sûrement jamais décrypter, entre elle et moi l’accord physique était absolu. Si, bien sûr, j’avais déjà connu le plaisir érotique avec les diverses femmes qui étaient devenues plus ou moins mes maîtresses, Roberte me révéla une sensualité — un niveau de sensualité — que je n’avais jamais soupçonné enfermer en moi.

Elle fit de moi un adolescent à peine pubère découvrant avec un adolescent (ou une adolescente) plus âgée toutes les richesses de sensualité que son corps
recèle. Je ne sais si nous nous aimions sentimentalement — nous ne nous détestions pas — mais nous avions sans cesse besoin l’un de l’autre. Je comprenais soudain — plus exactement j’éprouvais soudain comme une vérité absolue — le rapport que certains poètes arabes classiques faisaient entre la femme et le vin, une expression banale comme «être enivré d’amour» prenait toute sa force. Roberte me rendait dépendant, alcoolique de son corps et j’éprouvais son manque comme une réelle souffrance physique. Sans elle, plus exactement sans son corps, sans le contact de son corps, sans ses caresses sur ma peau qui m’électrisaient, sans sa langue qui mettait ma peau en contact avec la sensualité du monde, sans l’odeur d’amande de son sexe, sans… je n’étais plus rien. Pire, je n’étais qu’une loque, un manque, une absence de corps. Il me fallait, chaque jour, ma dose de Roberte et, chaque jour, cette dose, dont j’avais un besoin vital, augmentait.

Publié dans Roberte

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