Farniente

Publié le par Balpe

Le matin Marc et Gilberte allaient souvent prendre leur petit déjeuner au Café du viaduc tout proche de sa petite maison. Ils en aimaient bien l’atmosphère très populaire ainsi que les discussions — pour eux deux un peu irréelles — qui, pour l’essentiel, portaient sur la pêche à la ligne car le café était le siège de l’association des pêcheurs de Fontainebleau-Avon. Ils n’y participaient jamais, se contentaient d’être là, d’écouter en se regardant, se tenant souvent les mains sur la table ronde où étaient posés les cafés et les croissants qu’il étaient allés eux-mêmes chercher à la boulangerie de l’autre côté du viaduc de chemin de fer.

Quand ils étaient lassés de ces discussions — dont l’intérêt pour Gilberte était de lui faire effleurer un monde qu’elle ne connaissait pas et n’avait jamais été amenée à fréquenter et, pour Marc, de le ramener quelques années en arrière, lui rappelant sa période sétoise même si les pêcheurs d’Avon n’étaient que de pâles copies de ceux de Sète —, ils achetaient un journal avant de quitter le café. Si parfois c’était une édition nationale, ils adoraient davantage prendre une édition locale du Parisien ou, le lundi, la La République de Seine-et-Marne car, rentrés dans la maison de Marc, ils pouvaient alors partager l’humour involontaire des nouvelles locales ce qui, à la fois, leur donnait l’illusion de s’intégrer à cette région à laquelle ils étaient étranger et de ne pas avoir à en prendre en charge les problèmes.

Parfois, Gilberte allait à l’INSEAD, mais c’était de plus en plus rare. Marc alors l’accompagnait. Pour cela ils choisissaient les jours de beau temps qui leur permettaient de traverser à pied les différents parcs et jardins du château.

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