Promenade dans les parcs du château de Fontainebleau

Publié le par Balpe

Marc et Gilberte ont ainsi discuté un moment — le temps était assez agréable et la tranquillité du parc incitait à la flânerie. Il a fini par lui demander si elle avait un peu de temps devant elle car il n’ignorait pas que l’INSEAD avait la réputation d’être une école très exigeante. Elle lui a dit que oui, qu’elle avait tout son temps, que le management international ne la passionnait pas et qu’elle se moquait d’avoir ou non son diplôme — de toutes façons elle l’aurait et si elle ne l’avait pas ça ne changerait rien à sa vie. Marc fut un peu surpris de cette réponse, mais il n’en montra rien de peur d’être indiscret ou, pire, de la froisser en adoptant une attitude moralisatrice dont, manifestement, elle n’avait rien à faire. Il lui demanda si elle accepterait un café. Elle dit oui. Ils se dirigèrent vers la ville. En chemin, il lui parla du parc, lui montra une ou deux fontaines discrètes, lui fit admirer le réseau des canaux et des petites cascades qui humanisaient cette part « sauvage ». Elle semblait prendre plaisir à sa conversation et cela l’incita à être bavard, presque brillant. Il lui parla du château, lui demanda si elle l’avait visité : « Oui, mais très vite, je n’y suis allé qu’une fois… » « Aimeriez-vous que je vous le fasse visiter, vous faire découvrir des curiosités que peu de gens connaissent, des recoins secrets, des endroits pleins d’histoires… » « Pourquoi pas » dit-elle avec un charmant sourire dans lequel il crut discerner un brin de coquetterie.

Ils sortirent du parc sauvage, entrèrent dans le parc à la française, il l’entraîna vers le jardin de Diane : « Vous semblez bien connaître ce lieu », dit-elle. « J’y viens tous les jours… j’adore sa richesse et sa variété, je ne cesse d’être admiratif devant ceux qui ont su construire une merveille pareille… (le lecteur remarquera que le gauchisme de Marc ne résistait pas au luxe royal, mais l’homme est souvent plus pétri de contradictions que de logique et dans les séquences d’amour, la sensualité prend souvent le pas sur la raison)… Il est vrai que c’est le résultat de plusieurs siècles de travail et de culture… »

Ils sortirent face au carrousel qui, à cette heure-là, ne fonctionnait pas encore.

 

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