Marc Hodges rencontre Gilberte

Publié le par Balpe

De retour en région parisienne, Marc Hodges, n’ayant pas de revenu réguliers, vivotait. Il faisait de petits boulots : baby sitting, nettoyage de jardins, tonte de pelouses, petits bricolages… il alla même jusqu’à donner des cours particuliers d’espagnol à la suite d’une conversation de bistro au Café du Viaduc avec un ingénieur qui s’était plein des problèmes scolaires de son fils. Tout cela lui permettait de vivre, sans plus. Le reste du temps, et il avait du temps de reste, il écrivait ou, prolongeant une habitude acquise lors de ses quelques mois sur les causses, allait se promener à grands pas dans les allées du parc du château de Fontainebleau tout proche. Il disait, à qui voulait l’entendre — la plupart du temps des habitués du Café du Viaduc qui n’en avait que faire — : « la marche stimule la circulation sanguine, irrigue le cerveau or la monotonie régulière du paysage laisse son activité libre : quand je marge je pense, rêve et imagine comme aucune autre occupation ne me permet de le faire… »

Le parc était devenu son jardin. Il n’était pas le seul. Sans parler des hordes de japonais qui l’envahissaient le week-end, il y avait toutes sortes de familles, joggeurs, marcheurs, cyclistes, etc. chacun étant enfermé dans son activité favorite, les contacts étaient rares. Pourtant, un matin, alors qu’il s’était levé très tôt et marchait à l’aube le long du grand canal, dans un parc encore désert, il remarqua une jeune femme assise sur un banc de pierre, au bord de l’eau. Sa présence solitaire, à cette heure-là, le fait qu’elle ne se déplace pas, l’intrigua. Il hésita, puis s’approcha :

« Puis-je faire quelque chose pour vous ? » Elle le regarda : « Qui êtes-vous ? » « Excusez-moi, j’aurais dû me présenter… Marc Hodges. » Elle dit : « Gilberte… non je n’ai besoin de rien… et vous ? » Il compris qu’elle n’était pas opposée à une conversation.


Publié dans Nathalie

Commenter cet article