Mimoria

Publié le par Balpe

Marc Hodges, quel que soit par ailleurs réellement son premier texte (diverses hypothèses à ce sujet sont contradictoires), a donc commencé sa carrière d’écrivain sur le causse Méjean, dans l’isolement le plus absolu. Ses textes en portent souvent la marque qui présentent bon nombre d’individus — hommes ou femmes — plus ou moins enfermés dans leur solitude. J’ai d’ailleurs déjà signalé ici même que le personnage d’André Pagès, que l’on trouve dans Ganançay, en est le prototype.

Au bout d’une quinzaine de jours d’écriture, pendant lesquelles il ne sortait presque plus (il est vrai que le temps exécrable : ciel plombé, brouillard, neige abondante, vent de tourmente… non seulement n’incitait pas à la flânerie extérieure, mais conseillait la plus grande prudence. Les tempêtes de neige peuvent être redoutables dans ces espaces sans repères). Au bout de quinze jours donc, Marc Pérignon avait écrit une nouvelle. Je pense, si mes sources sont bonnes, qu’elle était intitulée Mimoria. Ne voulant pas que qui que ce soit puisse retrouver sa trace, il avait alors ouvert au hasard un dictionnaire Larousse : il tomba sur une page commençant par «ho» et finissant par «homme». Aucun de ces mots ne lui convenant vraiment, il décida de ne tricher qu’à moitié et, pour des raisons inexplicables (l’esprit humain a des cheminements curieux) créa le nom «hodges» qui lui paraissait vaguement américain. Il signa donc sa nouvelle de ce nom et l’envoya à un petit éditeur montpelliérain.

Publié dans Marc Pérignon

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