Comment et pourquoi Marc Pérignon se met à écrire

Publié le par Balpe

Comme l’écrit fort justement un de mes lecteurs : «Les Cévennes ont un caractère fort et authentique. Elles ne peuvent que stimuler l'imagination et la création, tant par le paysage que par son histoire et sa population.». Je ne sais par quoi Marc Pérignon a été impressionné pour se décider à devenir Marc Hodges, certainement pas par l’histoire du lieu où il résidait car il ne s’en préoccupait nullement. Par la population non plus, car il vivait comme un sauvage s’efforçant de rencontrer le moins de monde possible. Il ne s’intéressait pas davantage aux Cévennes qui sont au Sud des Causses et présentent un caractère paysagier totalement différent… Non, à rien de tout ça. L’authenticité le laissait indifférent. La force du paysage par contre s’imposait à lui qui le renvoyait à sa solitude, le laissait sans cesse face à lui-même l’obligeant à examiner sa vie, à se demander ce qu’il avait été, ce qu’il était devenu et ce qu’il aurait voulu être. Le vide absolu le renvoyait à l’échec de son passé. J’ai ainsi découvert cette page dans un de ses carnets de notes :

«Je vais sans savoir où je vais, et pourtant je suis plus sûr de mes pas que si une volonté lucide me menait. Le calme est si pur que j’entends avec beaucoup d'éclat des bruits lointains : branche qui craque, aboiement de chien, clochette de mouton… mon oreille se tend dans le silence sur un vide en moi qui n'a soudain aucun écho. Les lointains se perdent dans de molles ondulations ; à la plaine ont succédé les combes ; le paysage tout entier baigne dans la couleur verte — un vert comme suri de jaune. J’aime chardons, flâneries, souffles ; au bord d'un bois un mûrier ponctue discrètement l'espace de ses points rouges et noirs. Il y a des jours de la vie où on n'a pas courage à vivre ; la solitude est maintenant insupportable. Je ne suis pas pressé, la terre est engourdie dans un sommeil sans rêves, les mots sont trop lourds ou trop légers, je me souviens, me tais encore, une ombre courant devant moi sans que j’en vois la cause, sur la route blanche et déserte au soleil, me fait tressaillir. Je sais des paroles mortes, le paysage se parle dans ma tête, il y a dans l'air comme une sourde frayeur de vivre»

Publié dans Marc Pérignon

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