Le retour de Marc Pérignon

Publié le par Balpe

Les six mois que Marc Hodges passa sur le causse furent pour lui l’occasion d’une vraie métamorphose. Il était venu la queue entre les pattes, chien apeuré, le regard fuyant, craignant les coups, mais peu à peu, affronté à la nudité absolue du paysage, à sa vérité sévère et sans concession, à la rigueur janséniste du climat, son esprit se forgea une santé et une capacité de résistance qu’il n’avait encore peut-être jamais connues : il devint loup armé pour le combat.

Bien entendu il aurait pu rester là coupé du monde : personne — ou presque — ne savait où il était ; personne, parmi les rares humains qu’il était amené à croiser, ne s’intéressait à lui au point d’essayer de connaître son passé. S’il n’avait aucune ressource, quelques petits boulots assurés soit dans les fermes des environs, soit à Florac lors de ses rares descentes en ville, suffisaient à des besoins devenus des plus élémentaires. Mais il décida de ne pas passer sa vie à se cacher. Il avait fait ce qu’il avait fait, il l’avait fait par idéalisme et, s’il s’était trompé, il n’avait pas à en avoir honte. Il se rendait maintenant compte que ceux avec lesquels il avait volontairement collaboré n’accepteraient pas un arrêt, tout aussi volontaire, de cette collaboration. Il ne lui restait plus qu à disparaître ou à faire front.

Il décida de se battre ; il ne se cacherait plus : Marc Pérignon allait revenir dans le monde.

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