Marc Hodges déprime

Publié le par Balpe

Tous les humains, à un moment ou un autre de leur existence, éprouvent des moments de désarroi où ils ne savent plus vers quoi aller, où tout ce qui jusque là les avait motivés pour vivre — ne serait-ce que pour mettre un pas devant l’autre — leur paraît soudain dérisoire et vain. Dans ces moments-là, l’homme cherche une épaule, un sourire, une main tendue et, s’il ne les trouve pas, il ne lui reste plus qu’à sombrer dans la drogue, l’alcool… diverses formes de suicide…

Marc Hodges en était arrivé là : Natacha n’était qu’une compagne avec laquelle il satisfaisait ses besoins érotiques, et il venait d’apprendre que, d’une certaine façon, elle l’avait trahi ; Arkadi avait été un moment exotique dans sa vie : et il savait maintenant que lui aussi l’avait trahie ; Nathalie n’était que de l’histoire ancienne mais elle aussi l’avait trahie… Il se retrouvait tragiquement seul. Alors qu’il croyait en avoir fini avec son passé, avec cet idéalisme naïf qui lui avait donné un but dans l’existence — et, là aussi, d’une autre façon, il avait été trahi —, il était bien obligé de se rendre compte qu’il n’est jamais possible d’effacer réellement l’ardoise : à un moment ou un autre, on lui présentait toujours l’addition. Il avait besoin de faire le vide, réfléchir… mais où aller.

Pendant quelques jours il resta ainsi dans l’indécision. S’il se levait le matin, c’est parce qu’il était las de rester au lit ; s’il mangeait ce qui lui tombait sous la main, c’est parce que son corps se rappelait parfois à l’existence… Il ne faisait rien, marchait comme un robot — ne voyant rien, n’entendant rien — des heures durant sans but dans la ville ne sachant pas où il allait ; et si le soir il se retrouvait dans sa chambre d’hôtel minable c’est parce que ses pas l’avaient conduit là.

Publié dans Arkadi

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