D'où Marc Hodges est-il parti ?

Publié le par Balpe

La vie n’est faite que d’instants minuscules qui s’agglomèrent sans raison apparente — Marc respecte toujours ses rituels — tente de connecter tous ses instants pour en faire un texte. Il regarde les gens, tente de déchiffrer leurs visages, reconstituer les failles de leurs existences, traverses des lieux, s’efforce d’y trouver quelques indices qui les sortiraient de la banalité. Il parcourt Libération mais ne regarde l’actualité que pour en faire le terrain de jeu de son imaginaire. On se bat en Afghanistan, on se bat en Irak, à Gaza, en Côte d'ivoire, il ne se préoccupe que de la canicule et de ses caoutchoucs sur son balcon. A chacun sa vérité. La réalité n’a jamais été son terrain favori, la terre en est trop boueuse, le tracé des sentiers incertains, il préfère, et de loin, les allées débroussaillées de son imaginaire.

Fouiller dans ses photos lui a remis en mémoire une époque oubliée. Il a revu des amis, des hommes, des femmes, perdus de vue, des souvenirs, plus ou moins drôles. Mais nos sentiers ont un jour bifurqué sans raisons véritables. Comment en est-il arrivé là? Comment du souvenir du seul ami gardé de son séjour berlinois, Gerhard, devenu journaliste et qui, pour cette raison vient souvent à Paris en est-il venu à ce récit de sa dernière rencontre avec Arkadi Parine? Il avait envoyé un mail à Gerhard pour lui demander des nouvelles de Nathalie : « Des nouvelles de Nathalie ? Je croyais que tu l’avais oubliée. Ça fait si longtemps ! Elle va bien, elle a une fille, grande, près de trente ans. Elle vit toujours à Berlin, toujours célibataire, toujours aussi pluri-amoureuse. Elle tient un café sous les arcades du métro. Veux-tu que je lui donne ton adresse mail ? »

Il lui avait dit que non. Gerhard a ajouté que le café s’appelait « Der Blaue Ritter ». Un nom pas très original. Maintenant il est au Cluny, et c'est à Paris…

Publié dans Nathalie

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