Marc et Arkadi Parine

Publié le par Balpe

La soirée se termina dans la chambre du poète. C’était la première aventure homosexuelle de Marc Pérignon et, lorsqu’il lui arrivait — rarement et seulement lorsqu’il avait un peu bu — de l’évoquer, il disait que cette période de sa vie, bien qu’atypique, n’avait pas été désagréable : « une bouche d’homme suce aussi bien qu’une de femme ; une main d’homme, surtout lorsqu’il est raffiné, sait aussi caresser… ». Je ne saurais dire si depuis il avait eu d’autres aventures de ce type, mais cette éventualité ne me surprendrait pas. Il suffit de lire avec quel plaisir il crée un personnage comme Kharamidov dans un de ses écrits ou certains des poèmes érotiques qu’il a publié depuis pour comprendre que ce ne fut pas pour lui une situation désagréable. Inattendue peut-être… mais Marc était assez assoiffé de découvertes sensuelles pour y trouver son miel. Quoi qu’il en soit, ils ne se contentèrent pas d’une nuit.

Aussi, quand avant de partir pour une destination qu’il ne voulait pas révéler, Parine insista pour passer la dernière soirée avec Marc, ce dernier n’en fut pas surpris, il accueillit même cette demande sans déplaisir. Arkadi lui avait donné rendez-vous dans un café alors branché de la capitale : le Cluny « Au premier étage », avait-il précisé comme s’il était un habitué des lieux. Marc vint naturellement au rendez-vous. Il fut surpris de voir qu’Arkadi n’était pas seul : deux gorilles peu sympathiques l’accompagnaient. Pourtant son ami l’accueillit avec son amabilité habituelle et, lui faisant signe de s’asseoir, lui présenta ses accompagnateurs : « Lev Tchernov et Dimitri Kernov, deux vieux amis, ils travaillent tous les deux à notre ambassade à Paris… Qu’est-ce que je peux vous offrir ? »

Publié dans Arkadi

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