Romans


Romans fait partie d'une HyperFiction intitulée La disparition du Général Proust. Cette fiction, à l'origine liée à celle que le journal Libération a publiée dans ses pages du 18/07 au 28/08 2005, comprend l'ensemble des blogs dont les liens sont donnés dans celui-ci.


Mardi 2 mai 2006
Toute fiction ne fait que déposer un peu de matières autour d’immenses lacunes. Rien n’est dit, ou presque ; tout est suggéré. Si un auteur voulait tout dire de ce qui concerne les personnages qu’il a créé et de la réalité qui les concerne, il lui faudrait ne jamais cesser d’écrire et, qui plus est, bouleverser sans cesse ce qu’il a déjà écrit. Car le monde change et avec lui les points de vue sur le monde. Ce qui paraissait se présenter tel jour de façon évidente devient, quelques jours après, un indénoubale nœud d’hypothèses ; les vérités elles-mêmes deviennent des approximations et ce qui a été présenté comme ayant été vécu n’a pas plus de solidité que n’importe quel témoignage humain.

Ce que je vous ai dit de Marc Hodges est vrai — du moins je le croyais tel — mais me relisant à la volée, surfant entres les trop nombreuses pages que j’ai déposées ici au fil des jours, je m’aperçois que cette vérité demanderait bien des précisions. Je me rends compte, par exemple, alors que Uwe est le personnage central de ce récit que je ne vous l’ai jamais décrite me contentant de donner son nom comme si celui-ci suffisait à donner son portrait. Les noms certes, ne sont jamais indifférents et il n’est pas anodin que Uwe s’appelle Uwe, pas plus qu’il ne l’est que ce soit Nathalie, au nom si franco-russe qui ait, pour sa fille choisi un prénom aussi allemand… Mais il n’importe, cela ne suffit pas à vous donner une idée physique de cette jeune fille. En fait je m’aperçois que je suis très peu descriptif me contentant d’énumérer des faits. Une position d’historien davantage que celle d’un écrivain…

Je vous promets, dans mes prochaines notes, de faire un effort.
Par Balpe - Publié dans : Appartés
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Samedi 22 avril 2006
Je suis ainsi revenu à mon point de départ, presque un an pour raconter ce qui va vous permettre de comprendre ce qui va suivre car maintenant vous avez une petite idée de la complexité de la vie de Marc Hodges. Toute vie, même la plus apparemment simple, est faite d’un enchevêtrement inextricable de secondes qui, chacun d’entre elle, contient une infinité de possibles. Même si nous le percevons vaguement, sauf en de rares moments de lucidité, nous n’en avons bien sûr pas réellement conscience, mais il n’en est cependant pas moins vrai que la réalité de nos vies est ainsi et que l’essentiel de ce qui la constitue est fait de tremblements et d’incertitudes : Uwe a recherché Markus, elle a trouvé Marc Hodges. Elle est persuadée que cet homme est son père et c’est cela qu’elle cherche en lui mais lui l’ignore et ne voit en elle qu’une jeune fille — vingt ans de moins que lui — qui l’a trouvé après une longue recherche. Sa position est ambiguë : il ne sait pas exactement ce qu’elle sait de lui, à quel point sa mère, Nathalie, lui a parlé de lui, de leurs enthousiasmes juvéniles pour la justice et la liberté, de leurs activités clandestines mises au service d’organisations qui, au fond des choses, ne faisaient qu’exploiter leur naïveté.

Suite à leur première rencontre, Uwe — dont le tempérament exalté est plutôt lyrique — écrivit à Nathalie, sa mère une longue lettre décrivant Marc Hodges (je traduis et interprète) : « Ses yeux sont pleins de force. Ils ont le regard royal, fendu largment, découvrant l’iris au-dessus et au-dessous de la pupille. Leur aspect est en même temps un peu artificiel, comme s’il était le produit d’une opération délicate. S’y ajoute une fixité méridionale. On dirait l’œil d’un grand perroquet bleu, âgé de cent ans. Pas un bleu de ciel, ni un bleu de mer, ni celui d’une pierre précieuse, mais un bleu comme synthétique, inventé dans un pays lointain par un maître voulant surpasser la nature. Son œil étincelle sur les rives des fleuves venus d’autres mondes, dans le survol des clairières. »

Peut-être un jour faudra-t-il que je publie aussi ce que je connais des écrits d’Uwe… à moins qu’elle-même ne crée son blog, ce qui n’est pas invraisemblable.

Par Balpe - Publié dans : Uwe
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Dimanche 16 avril 2006
Ceux d’entre vous — certainement peu nombreux — qui ont suivi ce récit depuis son début savent que la fiction a rencontré la réalité.

En effet, dans son journal du 22 juin 2005, Hodges écrivait ceci : « J’ai enfin découvert la jeune femme qui me suit dans le parc. Je suis certain que c’est elle car je l’ai vue à plusieurs reprises. Je ne l’avais pas regardée alors bien longtemps mais suffisamment pourtant pour la reconnaître. Elle était ce matin assise au soleil à la terrasse de mon café favori. Elle m’a regardé avec insistance. Je l’ai regardée un peu mais je n’ai pas osé insister. J’ai hésité à m’installer à mon tour devant une table : timidité naturelle. Peur maladive d’être déçu. Je n’ai jamais été très fort pour la drague et ce n’est pas à cinquante deux ans que les choses vont s’arranger. Mais, après tout, ce café est celui où je viens presque tous les jours… alors… Je me suis assis à la seule table encore libre, presque à côté de la sienne. Elle m’a souri. Je lui ai souri aussi. «Vous ne me reconnaissez pas?» Non je ne la reconnaissais pas. Elle me rappelait bien vaguement quelqu’un mais je n’en avais pas une idée précise. Son visage ovale, ses yeux gris, n’avaient d’ailleurs rien de vraiment remarquable. Elle n’était pas déplaisante, plutôt agréable même, mais ce n’était pas une beauté inoubliable. «Je devrais?», je m’efforçais d’adoucir mon regard, de ne paraître ni agressif ni avide. «Vous pourriez!» «Comment ça?» «Je ne vous rappelle pas Nathalie?» Je cherchais dans mes souvenirs et le fait de devoir chercher me paralysait encore davantage car elle avait l’air sûre d’elle et je ne voulais paraître ni ingrat, ni indélicat, encore moins insensible. «Moi, je sais que vous vous appelez Marc Hodges. Nathalie est le prénom de ma mère que vous avez bien connue il y a vingt-six ans» Cette précision me renvoya à l’époque où, interprète à Berlin, j’avais en effet connu une Nathalie… bien plus que connue, car nous avions été amants deux ans.

J’avoue cependant que, au cours de mes divers déboires sentimentaux, se mêlant à mes diverses autres aventures, elle m’était un peu sortie de l’esprit et que je n’avais plus un souvenir précis de ses caractéristiques physiques. Je mentis: «Ah oui, en effet, vous lui ressemblez.» «N’est-ce pas?» et elle sortit une photographie de son sac à main.

 
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Mercredi 12 avril 2006
Marc Hodges avait toujours commencé ses romans avec un fort sentiment d’inutilité : il ne croyait pas en la nécessité sociale de l’écriture. La littérature lui semblait reposer sur une mystification. Pourtant il ne pouvait se passer d’écrire. Plus exactement, il ne pouvait se passer de projeter de la fiction sur sa vie réelle. S’il y a des raisons à écrire, il ne connaissait que celle-là. Il écrivait parce qu’il voulait conserver des traces de ses imaginations, des traces de ces fictions où il se projetait sans cesse. Aussi écrivait-il parce que rien d’autre ne l’intéressait, parce qu’il ne savait rien faire d’autre car il avait depuis longtemps épuisé toutes les autres formes de l’illusion. Il n’avait jamais réussi à comprendre pourquoi il vivait, pour qui ? Même si, paradoxalement, conscient de l’impossibilité d’une réponse à ces questions, il vivait plutôt bien. Il avait depuis longtemps compris que son militantisme gauchiste était une autre forme de projection dans la fiction et qu’il n’en sortirait rien d’autre que des récits. Le fait qu’ils aient une incidence dans la réalité ne lui apportait aucune satisfaction supplémentaire. Au contraire car il ne pouvait en maîtriser ni la structure ni la totalité des paramètres. Pour cela la littérature était un militantisme parfait. Ce qui l’intéressait — un peu — était de parvenir à faire croire que ses fictions pouvaient avoir un semblant de réalité et, en étant convaincu lui-même, de rêve en permanence dans un rêve éveillé.

Être suivi était de cet ordre. Il le comprit rapidement. Cette fiction lui permettait, pour un temps, de croire que rien dans sa vie n’était totalement figé et que de nouveaux récits pouvaient l’entraîner vers des aventures passionnantes. Il joua donc à être suivi…
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Dimanche 9 avril 2006
Une fois enclenchée la dynamique propre à la fiction, le romancier est celui qui se condamne à faire marche avant : tout dans son récit doit tendre vers un but que bien souvent il ignore mais qui émergera lentement des multiples petites étapes qui le poussent dans une direction dés lors unique. Ainsi il s’enferme lentement dans des mensonges qui, pour que son récit soit recevable, doivent être pour lui aussi réels que ce réel dont on ne cesse d’ailleurs de s’apercevoir qu’il est illogique, incroyable et inépuisable. Le romancier ne peut plus faire marche arrière parce que non seulement la logique de la fiction le pousse inexorablement vers l’avant mais parce que, abusé par les multiples ruses et faux semblants de la réalité, son mensonge lui semble au moins aussi vrai qu’elle.

Depuis que Marc a pensé avoir été suivi dans le parc, depuis qu’il s’est mis dans la tête qu’il était suivi par une jeune femme, il a fini par construire en fiction cette vague impression qui l’obsède et, d’heure en heure, de jour en jour, lui semble pourtant de plus en plus invraisemblable : l’image de celui qu’il vois dans sa glace, cette information de lui-même, n’est pas l’image vraie de celui qu’il est et pourtant c’est cette image qui, un temps, le construit dans sa vérité. Le romancier n’est pas prisonnier de son mensonge, il est mensonge pour lui-même essayant de paraître vrai pour autrui. Toute écriture ainsi est jeu de présence/absence.

S’il avait désormais compris qu’il n’était pas réellement suivi, il avait désormais besoin de cette fiction de filature. Il lui fallait trouver dans la réalité des faits, des événements qui le confortaient en ce sens : il s’inventait des jeunes filles le suivant dans les parcs de la ville, déçu lorsqu’il ne parvenait pas à en apercevoir une susceptible de répondre à son fantasme.
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Samedi 8 avril 2006

Je ne serais pas étonné que cette photo soit un document de travail pour Marc Hodges. Sans intérêt esthétiques, elle montre cependant des militants de la secte Hare Krishna distribuant (gratuitement?) de la nourriture dans un lieu mal défini. L'inscription "free vegetarian meals" indique cependant un pays anglophone… Je pense que les amis de Marc dévaient s'intéresser de près à ce genre d'activités d'une certaine façon concurrente de la leur.
Par Balpe - Publié dans : Marc Pérignon
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Lundi 3 avril 2006
Il comprit un matin que cette impression obsédante d’être suivi ne provenait pas seulement du souvenir de sa vie aventureuse, et des craintes permanentes où il était d’être rattrapé par elle, mais également de la force de son imaginaire. En fait, il n’avait peut-être jamais vécu en dehors de l’imagination qu’il avait de vivre. Il n’avait jamais réellement pris les événements comme ils se présentaient mais comme son imagination les lui présentait : enfant, dans ses jeux, il était toujours un autre et n’accomplissait rien par lui-même, le moindre de ses gestes, la moindre de ses sensations lui était imposée par une force imaginative qui les transposait sans cesse. Ainsi, lorsqu’il marchait dans la rue, il n’était jamais un jeune garçon marchant dans une rue, mais un héros de bande dessinée contraint de se battre contre un nombre illimité d’ennemis. Le boulanger était un espion russe, le marchand de tabac un agent de la CIA, la concierge du 33 une ancienne prostituée qui avait gardé de nombreuses relations avec le monde interlope de la pègre… Il baignait dans un monde ou chaque chose, chaque geste, chaque fait, chaque événement n’était que signe d’autre chose que son imagination seule savait interpréter : un nuage trahissait le passage d’un avion espion, un chien qui aboyait était dressé pour envoyer un signal à un maître qui dissimulait son identité, les graffitis autant de messages secrets… Sa vie était un théâtre et un jeu de pistes.

Même plus tard, lorsqu’il avait découvert les émotions des sens, il n’avait jamais pu avoir de relations directes, naïves, avec aucuns ni aucunes de ses partenaires. Pour éprouver de réelles jouissances, il lui fallait, suivant les jours, tantôt s’imaginer en prince arabe, tantôt en souteneur, tantôt en prêtre défroqué ou en porno star et ce n’est qu’à travers ce que lui faisaient éprouver ces rôles qu’il rencontrait des sensations. Il ne savait pas ce que c’était qu’aimer car il n’en connaissait que l’imagination : il ne s’abandonnait jamais à rien, sa pensée contrôlait sans cesse toutes ses actions.
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Vendredi 31 mars 2006
Parfois, dans un sursaut de cohérence, Marc Hodges décidait d’arrêter d’écrire. Il se cherchait alors d’autres buts : visiter quelques lieux, faire du sport, trouver un travail dans la publicité ou la presse, trouver un moyen de gagner de l’argent, donner des leçons de français ou d’écriture par exemple ou rédiger une anthologie de la poésie contemporaine pour les écoles… Rien n’y faisait. Qu’il vive seul, qu’il partage une partie de son temps avec une amie, qu’il vive avec l’une ou l’autre n’y changeait rien : il se trouvait alors confronté à lui-même, à son manque d’appétit pour la vie concrète. Son monde était l’imaginaire.

Il comprit un jour que la première partie de son existence, son enfance, avait été nourrie d’imaginaire comme l’imaginaire lui avait permis d’assumer son rôle dans la seconde, la clandestinité militante. De fait il n’avait jamais vécu dans le monde mais dans l’imagination, l’invention du monde. Rêves d’enfants ou rêveries révolutionnaires, il était toujours aussi incapable d’accepter le monde pour ce qu’il était. Si aujourd’hui il écrivait, c’était parce que ses rêves antérieurs s’étaient dissous dans l’acide de l’action réelle. Aussi, bien que totalement athée, peut-être aurait-il été mieux dans un monastère. Le retrait du monde, la tentation de l’abandon dans une foi absurde et gratuite… mais il sentait confusément que là était encore un imaginaire, une autre façon de fuir, de refuser de voir ce dans quoi il ne se retrouvait pas.

Tout en se moquant de ce comportement qu’il trouvait romantique, il ne voyait pas quel autre pouvait lui convenir. Pourtant il aimait la vie. Son corps — muscles, jambes, mains, peau, cœur, bouche, poumons, sexe — aimait la vie. Aucun doute à ce sujet. Aucun doute : jamais il n’avait songé — si ce n’est comme expérience de pensée — à se supprimer. Son manque d’être psychologique se confrontait à son appétit d’être physique. Le sport…
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Jeudi 30 mars 2006
Quelques livres de Marc Hodges obtinrent quelques prix qui lui valurent la reconnaissance jalouse de ses pairs, quelques articles dans la presse, une ou deux interviews et de nombreuses invitations dans quelques uns des innombrables salons du livre de province mais, quoique nationaux, ce n’étaient que des prix secondaires qui ne lui firent vendre qu’un nombre modeste d’ouvrages — sa plus forte vente fut de 2000 exemplaires — et le laissèrent de toutes façons très insatisfait car, après la joie réelle, même si un peu en retrait, que lui provoquait l’obtention du prix (joie d’autant plus réelle lorsqu’elle s’accompagnait d’une dotation monétaire), il ressentait vite le côté dérisoire de cette gloire temporaire. Les prix succèdent aux prix comme les victoires — ou les défaites — dans le domaine des sports, et l’un chasse l’autre. Chaque année se déroulent le rituel de leurs défilés : tel est primé aujourd’hui qui disparaît demain : leur rythme est celui des promotions, des soldes. La littérature se donne aux désirs du commerce. Pourquoi pas, après tout !… Mais, à ces relations amoureuses, Marc Hodges n’avait aucune envie de se livrer. Non qu’il méprisât l’argent, il en avait besoin pour vivre — de toutes façons, cela lui en donnait si peu ! — mais parce qu’il ne se retrouvait pas dans le rôle qu’il lui fallait alors jouer, celui du créateur reconnaissant dont, d’autres que lui, quelques jours, aiment les créatures. La mondanité superficielle des remises de prix,  cocktails, rencontres… où il lui fallait aller pour obtenir un peu d’argent, le dérisoire des lectures publiques où il lui fallait sourire à de charmantes vieilles dames qui venaient là comme elles allaient boire le thé chez leurs voisines, l’inintérêt de la plupart des journalistes pour ce qu’ils lui demandaient de dire, tout cela jurait avec sa vie antérieure d’engagement, de mépris de l’argent et des mondanités. Sa seule envie était alors d’échapper au plus vite à ces situations qui lui semblaient toutes plus dérisoires les unes que les autres.

Tout cela le renvoyait sans cesse à la question, la seule qui valait vraiment pour lui : pourquoi continuait-il à écrire ? Cette volupté du maniement des mots qu’il éprouvait butait étrangement sur un profond sentiment de solitude. S’il écrivait, c’est qu’il écrivait pour quelqu’un. Il lui fallait au moins un lecteur, un lecteur vrai. Il n’était jamais sûr de l’avoir trouvé. S’il n’écrivait pas, il se sentait vide ; quand il écrivait, il était en manque. Pourtant il n’envisageait pas de sortir de cette situation aussi traumatisante qu’elle soit. L’homme est un étrange animal qui peut trouver sa nourriture dans ce qui le détruit : le sexe, l’alcool, la drogue, la mélancolie, l’écriture… l’écriture ! Marc Hodges n’avait, dans toute son existence, trouvé rien d’autre susceptible de la meubler un peu.
Par Balpe - Publié dans : Marc Hodges
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Mardi 28 mars 2006


Décidément, Marc Hodges ne tient pas du tout à ce que je parle de lui, ce blog est sans cesse victime d'incidents de ce genre. Est-ce Saint-Loup qui frappe ?
Par Balpe - Publié dans : Inconnu
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La fiction est une satisfaction pour l’esprit humain parce que, non seulement elle permet de construire le présent, mais également elle autorise à anticiper le futur et à réactualiser le passé. Le temps n’y a pas d’importance.

Si j’ai choisi un ensemble de blogs, c’est d'une part que le temps y est encore plus déstructuré, chaque lecteur s’y promène suivant ses désirs du moment : le passé y est un présent possible et le présent, un futur passé; d'autre part qu'à l'image du réel et du psychologique elle se répand et se déforme dans l'espace virtuel de l'imaginaire. Défi pour un romancier qui, comme tous ceux de sa génération, s’est construit sur l’idéologie linéaire et téléologique du livre. L'image du blog des blogs est celle du labyrinthe.

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