Tout a une fin, je me lasse… vous aviez dû commencer à vous en apercevoir et puis… j’ai tant d’autres choses à faire. Marc Hodges se révèle suffisamment par ses propres écrits et, si quelques uns d’entre vous sont encore intéressés par ce médiocre personnage, je vous invite à aller les voir directement. Quant à moi, je retourne cultiver mon jardin.
J’interviendrai sûrement encore, de temps en temps, sur ce blog, mais ce sera pour m’intéresser à moi et vous faire part de découvertes.
Au fond, vous le savez si vous avez un blog, chaque bloggeur ne parle qu’à lui-même. Je ne crois pas d’ailleurs que ce soit très différent de ce qui se passe d’habitude quand on écrit.
Avez-vous l’excellent film intitlé « 4 :30 » ? C’est de cela dont il parle de la solitude existentielle et des multiples petites ruses que l’être invente pour y échapper. Au fond, vous ne me lirez que si vous trouvez un miroir dans ces notes et, sur ce point, je ne me fais pas beaucoup d’illusions car peu d’entre vous, pour des raisons d’époque, d’âge, de lieu, d’origine, me ressemblent : je suis un des derniers ptérodactyles…
Par Balpe
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Dans ce combat de révélations où nous sommes entraînés l’un et l’autre, je me permets, à mon tour, puisque lui ne se gêne pas, de vous livrer un fragment inédit de Marc Hodges qu’il m’avait confié autrefois, sous la forme d’un tapuscrit, lorsque nous étions amis, pour lecture et critique… Je ne lui ai jamais dit ce que j’en pensais et vous laisse juges.
«De chez moi je domine toute la ville. Enfin presque toute la ville car avec les méandres de la rivière et des collines qui les soulignent, certaines parties demeurent cachées. C’est ennuyeux. Mais en partie seulement car, si je ne peux tout voir, il m’est fort possible d’imaginer le reste tant je connais les lieux. D’imaginer la vie aussi: elle n’est pas tellement différente dans ces endroits-là aussi et comme je vois l’essentiel… C’est une situation privilégiée et je dois avouer que j’en suis fier. Un peu fier. D’autant que ce privilège est en quelque sorte symbolique. Aristocratique même, je peux oser employer le terme: tout le monde ne peut pas, comme moi, habiter le château. Entendons-nous bien sur les termes: pas n’importe quel château, un petit château… Pour beaucoup de gens ce ne serait qu’une grande maison de campagne…» Etc. etc.
Je vous épargne la suite. Quant au titre, je suis sûr que vous ne le devineriez jamai : «El Che ou Les arbres meurent aussi».
Par Balpe
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Publié dans : Marc Hodges
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Je vous épargnerai les détails — même si un de mes écrivains préférés (Jack Kérouac) dit quelque part que l’essentiel réside en eux…— Je passerai sur les quelques journées d’apprivoisement mutuel entre Marc et Uwe: promenades dans le parc, discussions dans des cafés, soirées de cinéma, etc. Tout entre eux progressait calmement semblant mener à ce à quoi, entre un homme d’âge mûr et une jeune femme, la nature commande d’aboutir… Gilberte était loin, la passion que Marc avait éprouvée pour elle s’était épuisée comme s’épuisent toutes choses.
Un jour vient, ce jour vient où Uwe est là, Marc est là avec, à l’arrière plan, la force de tout ce qui s’est développé entre eux… longues enjambées souples, balancement mou des bras, promenades aux bois, frôlements des corps, regards, regards… mais les yeux d’Uwe remuent comme des chats, elle marque une résistance, une réticence, s’éloigne légèrement. Nouvelles tentatives d’approche, il parle de choses diverses dans le tremblement et l’illusion stupide et le galimatias et la démence comme substitut aux paroles d’amour. Il n’arrive pas à regarder Uwe dans les yeux — il la regarde dans sa tête, son cœur (si tant est que cet organe stupide soit le siège des sentiments). Elle s’aperçoit de son incompréhension, de ses regards qui parlent — Pourquoi fais-tu ça, pourquoi es-tu comme ça? Ils sont à une fin. Chacun d’eux le sait. Ils n’en parlent pas mais cette fin est là, qui marche avec eux dans la tranquillité chaude du sous-bois. Un bras de Marc se pose sur une épaule d’Uwe. Elle ne résiste pas, laisse faire. Elle ne s’abandonne pas. Elle accepte la tendresse, refuse d’aller au-delà. Leurs regards se trouvent. Uwe ferme légèrement les yeux, les ouvre, regarde le ciel que les arbres déchirent, elle prend sa respiration: — Marc… Marc… Il faut que je te dise… Il veut parler… — Non, écoute-moi d’abord… mais les paroles ne viennent pas tout de suite, la forêt impose son silence habité puis… Je crois que je suis ta fille.
Par Balpe
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Publié dans : Uwe
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Comme vous êtes des lecteurs attentifs, vous vous souvenez certainement que la dernière fois que je vous ai parlé des rencontres de Marc et de Uwe, mon texte, qui faisait parler Marc, était à peu près le suivant:
«Il ne s’est rien passé, nous avons vécu ensemble une soirée délicieuse sans plus. En fait nous avons surtout parlé de Nathalie. Uwe admire sa mère, le sens de la liberté de sa mère qui, tout en prenant soin de respecter la liberté des autres, ne se sent tenue par aucune convenance et pour laquelle l’argent n’a jamais été un but. Mais un seul instant, un seul regard contiennent tellement d’histoires qu’il n’était pas nécessaire que notre conversation soit passionnante pour que nous sachions tous deux qu’elle nous était indispensable. J’étais sûr qu’elle se sentait aussi bien avec moi que je prenais de plaisir à être avec elle. Rien n’était dit, tout était évident. Mais c’était plus compliqué et d'une certaine façon moins attendu comme si la relation que j’avais eu avec sa mère me rendait, avec Uwe, la communication plus difficile. J’appris qu’elle ne savait pas qui était son père, que Nathalie prétendait ne pas le savoir. Elle dit qu’elle avait bien vécu cette absence, que jamais elle ne l’avait éprouvé comme un manque. Nous avons parlé d’autres choses encore.
J’aime la campagne, les animaux, je ne voudrais pas habiter en ville où il n’y a que de jeunes couples; je joue de la clarinette, j'ai mon banc, je fais pousser des légumes, j'écris un peu, je peins beaucoup de pastels, ça pourrait être le paradis et pourtant je ne suis jamais satisfait, j’ai l’impression d’avoir tout raté dans ma vie, d’avancer sur du vide sans vraiment savoir où je vais mais je ne dois pas essayer de compenser cela par une histoire de midinette: j’ai passé l’âge de croire à la primauté des sentiments.»
Suite à ce texte, pour que vous compreniez bien le personnage, j’ai été obligé, par la logique même du récit de fiction à dériver dans diverses directions. Il faut maintenant que je revienne à l’origine car je n’ose écrire «au point où j’en suis arrivé». Ce sera l’objet des prochains papiers.
Par Balpe
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Publié dans : Uwe
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Rêves et souvenirs s’enchevêtrent souvent comme des cordes nouées, les souvenirs font un réseau de galeries souterraines plus ou moins éclairées où l’esprit circule, parfois s’égare, parfois se heurte à des parois depuis longtemps murées, parfois se fraye avec difficulté un passage dans des effondrements plus ou moins récents mais où son avancée lui révèle bien des surprises ou même des trésors, qu’il croyait à jamais perdus.
Depuis que Marc avait rencontré sa fille, il explorait lentement ceux de mon aventure avec Nathalie, reconstituait peu à peu son visage, mais bien avant son visage, son corps, le goût de son corps sous sa langue, l’odeur dense de son sexe, sa douceur sous sa main, la plénitude lourde de ses seins dans ses paumes. Pour lui, Nathalie était avant tout le souvenir le plus concret du désir érotique. Elle faisait l’amour avec un appétit toujours renouvelé, inventait sans cesse des jeux sexuels d’une subtilité inouïe sans pour autant tomber dans ce qui aurait pu paraître une recherche artificielle : elle était corps, pleinement et, dans ces moments, l’assumait sans restrictions. Jamais avant elle, jamais après elle il n’avait connu une telle perfection dans la jouissance.
Pourtant il l’avait presque oubliée : la vie, ses autres amantes, ses autres aventures… peut-être aussi la confusion de plus en plus grande qui s’installait en lui entre la réalité de ses souvenirs et celle des histoires qu’il écrivait, — ou qu’il se racontait— et auxquelles parfois il finissait par croire ne sachant plus très bien ce qui relevait du réel et ce qui relevait de la fiction. Peut-être aussi la crainte inconsciente de s’affronter à l’empire des sens qu’elle lui avait révélé et dont il n’avait jamais plus retrouvé ni la simplicité ni l’intensité.
Aussi, la réapparition, comme d’une eau trop longtemps souterraine, de sa fille le ramène sans cesse à elle.
Par Balpe
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Publié dans : Marc Pérignon
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Nathalie rêve qu'elle touche dans son sommeil la douce chaleur d'un corps, Markus soupèse ses seins. Nathalie sent le goût de la chair de Markus, le poids singulier de ses couilles entre ses jambes, l'érection de Markus dure toute la nuit, Nathalie sent la pine se dresser contre elle avec une force stupéfiante... Nathalie peut vaincre, elle a envie de ça, il y a longtemps qu’elle n'a pas éprouvé un désir aussi fort. Markus envahit tout son être par tous ses pores: Nathalie le bat pendant qu'il prend son plaisir. Un homme aux muscles d'acier... Elle lui mord les lèvres jusqu’au sang; son corps est un champ électrique sensible à la main de l'homme. Nathalie sent dans son ventre un besoin fort et une excitation violente: son coeur bat avec une telle violence qu'elle peut à peine respirer... Elle veut les caresses de l'homme qui la fait hurler. Nathalie lui caresse l'intérieur des cuisses, elle sent les muscles qui l'étreignent; son sexe se mouiller, jouit, elle aime se sentir brisée... Elle s'ouvre autant que possible, provoque elle-même sa propre jouissance... Markus danse en elle… Nathalie est si mouillée que Markus en perd la tête - Elle sent Markus sur elle; le membre de Markus bat à coups irréguliers comme une artère; ils suent dans la chaleur collante de cette nuit d'août - Nathalie s’abandonne toute à l'urgence de son désir, elle se veut toute ouverte, insatiable, son corps est un instrument. Elle sent l'homme qui la remplit profondément. Nathalie est perdue, rien n'existe qui ne peut être dit avec les doigts, le sexe, les jambes et l'odeur des corps. Nathalie a besoin de cette sensualité perçante qui peut être horrible, elle se frotte toute entière contre lui, du fond de son être monte une fièvre sauvage, elle n'en a jamais fini avec l'amour, s'abandonne complètement à la bouche de son amant ; son sexe s'ouvre, sa bouche dévore tout son corps... Markus l'excite comme une bête - Nathalie s'abandonne. Nathalie coule dans l'amour; son corps tremble de jouissance...
Nathalie s'agite dans son sommeil.
Marc se réveille : sa rencontre avec Uwe a suscité en lui de vieux souvenirs, fait remonter des fantasmes. Tout son corps se souvient maintenant du plaisir intense que Nathalie savait lui donner, il est désemparé…
Par Balpe
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Publié dans : Markus
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Mes blogs sont des bouteilles jetées à la mer. Certaines prennent le large, d’autres finissent prises dans un magma écumeux d’algues noirâtres et de déchets industriels. Créant les miens, j’étais persuadé que ma vie était assez intéressante pour être rapportée au jour le jour. Je n’en suis plus si sûr d’autant que je m’aperçois, sans surprise mais avec quand même une certaine déception, que les pages les plus demandées sont celles qui parlent de cul ou de baise.
L’expérience. L’expérience du vide. Comme chacun d’entre nous, je n’intéresse que moi, et encore, ça dépend des jours, car parfois je me trouve très fade… Ceux qui me connaissent — ils sont si peu nombreux — n’ont pas besoin de mes blogs. Ceux qui ne me connaissent pas, ne trouvent en eux — lorsque par hasard il les rencontrent — ni matière à stimuler leur imaginaire ni aliment pour leur faim de désirs. Narcissisme. Autosatisfaction. Ou plutôt impossibilité à me trouver moi-même. J’ai souvent l’impression bizarre de faire partie d’une histoire que quelqu’un d’autre imagine tant, les unes nourrissant l’autre sans cesse, est fragile la limite entre les fictions que je construis et la vie que j’essaie de mener.
Les femmes que j’ai aimé, celles avec lesquelles j’ai fait l’amour, ne sont ni plus ni moins réelles les unes que les autres et il m’arrive de plus en plus de me demander si j’ai bien vécu telle ou telle aventure ou si je ne me suis pas plutôt persuadé que je l’avais vécue. Ainsi ce lendemain de beuverie en Autriche où je me serais éveillé vers midi sur un tas de charbon dans la cave d’une villa inconnue. J’associe Nathalie à cet épisode. Pourtant plus j’y pense plus il me paraît improbable et je n’en ai aucun témoin. Plus j’avance dans l’existence, plus ma vie ressemble à ces rêves dont je ne me souviens que parce que je me les raconte. Dans lequel d’entre eux s’inscrit Uwe ?
Par Balpe
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Publié dans : Marc Pérignon
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Confidence de Marc Hodges enregistrées à son insu : « J’avais besoin d’un nid, d’un lieu pour m’abriter, d’un lieu où je pourrais échapper aux autres, un foyer pour moi tout seul, pour y préserver mon intimité sans être encore surveillé. J’avais besoin d’une chambre insonorisée où, une fois la porte fermée, je pourrais parler à haute voix sans être entendu, dire tout ce que je voudrais, un univers à moi pour réfléchir sans baisser le ton. Je ne pouvais plus rester dans mon cocon, larve silencieuse, je devais vivre, sentir, avoir la possibilité de gémir ou de crier quand je faisais l’amour jusqu’à épuisement. Je devais me battre pour obtenir un espace de vie. Je n’étais plus capable de supporter la pression des années précédentes et mon désir qui s’était réveillé devait à tout prix s’épancher. La présence d’Uwe, le souvenir de Nathalie qu’elle m’imposait m’obligeait à ce retour sur moi-même, me confrontait à ce désir si nouveau d’une vie normale où je pourrais aimer au grand jour sans craindre des regards hostiles ni être l’objet de menaces. Je voulais vivre comme tout le monde… »
Par Balpe
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Publié dans : Uwe
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Je vous avais promis une description d’Uwe. La voici. Je dois toutefois avouer que c’est un genre dans lequel je ne crois pas exceller et que j’ai toujours beaucoup de mal à décider si, pour une telle description, le regard suffit ou s’il faut aussi parler de la bouche, des jambes, des vêtements, de la couleur des joues, si je peux me permettre d’aller voir sous les vêtements, décrire les grains de beauté, la texture de la peau, la douceur du sexe, la courbure des hanches et des orteils… En fait je ne sais jamais si une description doit être un gros plan sur un détail qui aurait plus d’importance que les autres — mais à quelle fin — ou un inventaire exhaustif. Prenez donc cette description pour ce qu’elle est, un compromis entre l’idéal et le réalisable.
Uwe était un délicieux type d’est-allemande, elle avait une opulente chevelure d’un blond tirant vers le châtain clair, des sourcils légèrement plus sombres comme tracés au pinceau, de très longs cils également châtains, des yeux non pas noirs, mais plutôt brun jaunâtre ou fauve si l’on veut employer un adjectif aux connotations plus positives ; d’une couleur un peu plus foncée, mais aussi chaude que celle d’un vieux xérès où se joue un rayon de soleil. Ses grands yeux magnifiques pétillaient d’intelligence, de malice et d’ironie. Ses formes étaient remarquables : un corps resplendissant de santé, fort, musclé, sans une once de graisse superflue ; une peau fine, satinée, délicieusement rose rappelant par sa tonalité colorée certaines nudités de Boucher et incitant aux baisers.
Par Balpe
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Publié dans : Uwe
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